Frontex forme les policiers de Sète à détecter les caches
Frontex forme les policiers de Sète aux caches

Le port de Sète, deuxième port de Méditerranée française, a accueilli une session de formation de trois jours organisée par Frontex, l’Agence européenne de gardes-frontières, à l’intention des policiers et douaniers français et européens. L’objectif : renforcer la détection des caches aménagées dans les véhicules, utilisées pour dissimuler stupéfiants, armes, argent ou passagers clandestins, alors que le trafic vers l’Algérie a bondi de 40 % cette année.

Une formation ciblée sur les réseaux de voitures volées

Une trentaine de fonctionnaires ont participé à cette formation, venus du Service interdépartemental de la police aux frontières (SIPAF) de Sète et Montpellier, du Service interrégional de la police judiciaire de Montpellier, de l’Ofast de Paris et Lille, des douanes judiciaires de Marseille, des gendarmes du centre de formation de Rosny, ainsi que des policiers néerlandais, belges et luxembourgeois.

Selon le commandant Jérôme Viguier, chef du Service police aux frontières de Sète (SPAF), « Frontex s’intéresse aux réseaux de voitures volées depuis l’espace Schengen et expédiées essentiellement vers le Maroc et l’Algérie (150 véhicules par an selon l’assureur Mobilians) ». L’agence a également apporté une assistance sur la détection de caches aménagées en matière de criminalité organisée.

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Un port en plein essor, licite et illicite

Le port de Sète a vu transiter plus de 300 000 passagers ferry en 2025, avec des semaines à 20 000 passagers en haute saison. Le nombre de fiches de recherche a doublé entre 2024 et 2025, passant de 800 à 1 600 (jusqu’à 90 par semaine). La hausse du trafic vers l’Algérie atteint 40 % cette année.

« Cette formation montre que le port de Sète est en plein essor, pour ce qui est licite mais aussi illicite. Nous n’avons pas une semaine sans un recel de véhicule ou un véhicule faussement plaqué. Ici, c’est un port secondaire mais qui prend de plus en plus d’ampleur. Ce travail avec Frontex lui donne désormais une dimension européenne », a déclaré le commandant Viguier.

Des caches sophistiquées et des réseaux criminels

Les formateurs de Frontex ont présenté des véhicules trafiqués saisis par les polices belges et néerlandaises, qui collaborent déjà avec les ports de Rotterdam ou du Havre. « J’ai vu l’arrière d’une voiture 3008 tout ce qui a de plus banal, qui abritait une cache que même un chien n’aurait pas pu détecter. Les chauffeurs peuvent les actionner sans outil, sans besoin de les démonter et donc sans attirer les soupçons », a expliqué le commandant Viguier. Des réseaux criminels dédiés ont déjà été repérés à Marseille.

« Les formateurs de Frontex nous ont apporté un support pédagogique que nous n’avions pas ici, qui va nous permettre d’affûter notre flair policier plus loin en travaillant par exemple en négatif, c’est-à-dire en cherchant les anomalies ou ce qui n’a rien à faire là », a-t-il ajouté.

Une coopération européenne qui se renforce

Les liens entre Frontex et la police aux frontières française se développent depuis une dizaine d’années. « Il y a quatre ou cinq ans, les formateurs de Frontex étaient venus pour une formation CTE, pour combattant terroriste étranger », a rappelé Olivier Harguindeguy, directeur du SIPAF. « Ainsi avec Frontex, nous constituons un réseau de sachants au sein des différents services nationaux et au sein des États membres de l’Europe », a-t-il conclu.

Pour la première fois, la PAF sétoise a reçu l’appui de quatre réservistes du dispositif national Lutte contre l’immigration clandestine pour faire face aux flux, témoignant de l’ampleur des défis sécuritaires sur ce port en expansion.

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