À Cannes, le lieutenant-colonel Frédéric Mora, un chef sur le terrain
Frédéric Mora, un chef sur le terrain des pompiers de Cannes

Le lieutenant-colonel Frédéric Mora, commandant de la compagnie de Cannes, a fait de la proximité avec ses troupes une règle d’or. Basé à la caserne de La Bocca, dans le bureau où il passa jadis son entretien d’embauche pour Cannes, il dirige pourtant six centres de secours et 494 pompiers, professionnels et volontaires. Mais l’administratif ne l’éloigne pas du terrain.

« Pour moi, il est indispensable d’aller encore sur le terrain. C’est sûrement une question d’exemplarité, mais je veux surtout que mes hommes savent qu’ils peuvent compter sur leur chef quand ça chauffe, même si je ne prends pas forcément le commandement des opérations », explique-t-il, l’uniforme comme une seconde peau.

Un destin tout tracé dans les casernes

Cette vocation est une histoire de famille. « Mon papa était marin pompier, j’ai grandi dans une caserne à Marseille, alors naturellement… », sourit Frédéric Mora. À 22 ans, il devient marin pompier à son tour, affecté à la caserne de Plombières, dans les quartiers nord de la cité phocéenne. « J’y ai fait mes armes, avec plus de 12 000 interventions par an, des secours à la personne mais surtout beaucoup de feux urbains, dans des caves, des appartements, des voitures… », se souvient-il.

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Pompier de ville, il découvre aussi la ruralité lors d’une mutation à Périgueux, en Dordogne. Une expérience formatrice : « Une très bonne expérience qui m’a permis de diversifier mes compétences en milieu rural, et j’y ai rencontré des gens formidables. »

Les grands feux ont marqué son parcours

Arrivé sur la Côte d’Azur, il devient commandant adjoint au chef du centre Pastour en 1999, en pleine fournaise urbaine. Il se remémore notamment un incendie spectaculaire dans un immeuble de la République en 2003, parti de la cage d’escalier, ou le sauvetage d’une personne inconsciente, bloquée devant sa porte lors d’un feu sur l’avenue Thiers au Cannet.

En 2007, alors commandant adjoint au centre de La Bocca, il affronte l’incendie de l’Estérel. « C’était un peu à l’image de ce qu’on connaît aujourd’hui dans le Var, et j’étais premier commandant des opérations de secours. On est restés engagés sur ce feu durant quatre jours, c’était très impressionnant, mais j’ai été marqué par la mobilisation des pompiers, très solidaires et engagés. »

Une saison caniculaire sous tension

À la tête de la compagnie de Cannes, qui couvre Théoule, Pégomas, La Bocca, Pastour, l’île Sainte-Marguerite et Le Cannet-Mougins, Frédéric Mora a pu mesurer l’engagement de ses équipes durant cette saison marquée par les incendies. Il a tenu à les féliciter : « Je leur ai dit ma fierté de les commander, après avoir constaté tout leur dévouement depuis le début de l’été, y compris dans d’autres départements. Pros comme volontaires, ils ont toujours répondu présent, et on a toujours trouvé des hommes pour la relève. »

Cet esprit collectif, il le cultive au quotidien. Sur son étagère, un casque de football américain rappelle ses années au sein des Iron Mask. À 53 ans, père de trois enfants, il met aussi son expérience au service des organismes de formation, contribuant notamment à la création d’un « caisson à feu » utilisé à Saint-Vallier pour tester les protocoles d’intervention.

Décider sous pression

Pour lui, le métier de chef ne s’improvise pas. « Tout en étant beaucoup à l’écoute de mes hommes, je dois savoir décider dans l’urgence, sous pression. J’ai toujours tenu à prendre des décisions claires, sans flottement, afin d’être rassurant », confie-t-il.

Mais il reste attentif aux conditions de travail de ses équipes. La caserne de La Bocca, construite en 1976, a besoin de travaux. « Les bâtiments datent de 1976, alors c’est vrai qu’il y a un vrai besoin, mais le maire de Cannes, David Lisnard, comme le président du Sdis 06, Charles Ange Ginésy, en sont bien conscients », affirme le commandant. Une réflexion est en cours pour décider d’une rénovation ou d’une reconstruction, dans le cadre d’un prochain plan Bâtiments. « Reconstruire une caserne, c’est toujours un gros projet, surtout lorsque c’est celle de l’état-major, qui abrite une trentaine de véhicules d’intervention. »

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Des chantiers à suivre

En centre-ville, la caserne Pastour doit être démolie puis reconstruite sur place. « Ça suit toujours son cours avec des études de terrain », précise Frédéric Mora, qui n’envisage pas une réintégration des pompiers sur site avant 2028-2029. Il suivra aussi de près le chantier de la nouvelle caserne intercommunale de Pégomas. « Car si je suis très exigeant avec mes hommes, je suis aussi très soucieux de leurs conditions de travail », conclut-il.