Ce jeudi 10 septembre 2026, à la descente des bus, des centaines d'élèves des lycées Renoir et Escoffier de Cagnes-sur-Mer ont été soumis à une fouille de sécurité inopinée. L'opération, menée par dix policiers nationaux et un chien de détection, visait à envoyer un message dissuasif dès la rentrée, selon le commissaire Sébastien Laroze. À l'issue du contrôle, aucune drogue n'a été découverte dans les affaires des lycéens.
Déroulement du contrôle et bilan chiffré
Les forces de l'ordre ont procédé à des palpations et à l'inspection des sacs des élèves, sous l'œil du chien de détection. L'ambiance était tendue mais sans accroc. Les jeunes, brassés par les dix agents, n'ont pour la plupart rien à se reprocher. Le bilan fait état de trois couteaux et une batte de baseball saisis dans des véhicules aux abords des lycées, dont les propriétaires n'étaient pas des élèves. Une trottinette a également été placée en fourrière, faute d'assurance.
Réactions des élèves et des autorités
Evan, 16 ans, exprime son ressenti : « Ça met la pression gratos à tout le monde, même si t'as rien fait ». Baptiste et Jules, 17 ans, racontent s'être fait « sniffer par le chien, un peu spécial de bon matin. Qui c'est censé rassurer, nos parents ? ». Le commissaire Sébastien Laroze, à l'initiative de l'opération, précise : « On n'est pas là pour faire des grosses prises ». Il indique que l'intervention, menée en accord avec les proviseurs, visait à « envoyer un message clair, dès la rentrée ». Il ajoute que des interventions ont lieu plusieurs fois par an pour des bagarres et des intrusions, sans fournir de chiffres précis.
Vers une coopération renforcée et des actions de prévention
Le commissaire Laroze s'est entretenu dans l'après-midi avec les directions des deux lycées et six collèges de son secteur, à Cagnes et Saint-Laurent-du-Var. Il souhaite plus de « bleu » en milieu scolaire, pour la répression comme la prévention. Le rectorat évoque « une coopération renforcée entre les ministères de l'Intérieur et de l'Éducation nationale en matière de sécurisation de l'espace scolaire ». Le commissaire propose qu'un agent dédié parle aux élèves des risques routiers, liés aux stupéfiants, et du harcèlement, en rappelant que c'est un délit avec des conséquences pénales.
Critiques du syndicat enseignant
Didier Giaufer, professeur et secrétaire départemental du SNES-FSU, conteste la démarche : « La place de la police n'est pas devant un établissement scolaire. Et ces policiers sont certainement attendus sur des affaires plus urgentes ». Il juge que ces contrôles peuvent se faire de temps en temps s'il y a des problématiques qui le justifient, mais s'interroge sur l'existence de tensions réelles dans ces lycées. Il souligne que la répression se fait dans l'instant, tandis que la prévention s'inscrit dans la durée, et plaide pour la présence de médiateurs et de professionnels de la sensibilisation dans les établissements.



