Le ministère de l'Intérieur a recensé 218 200 foyers cambriolés ou ayant subi une tentative en 2024, soit près de 600 par jour d'après Le Coin Sécurité. L'an dernier, le nombre de cambriolages a encore baissé de 3 %, selon la même source ministérielle, mais la menace reste élevée : dans 39,8 % des cas, les occupants étaient présents lors de l'intrusion, contre 31,3 % en 2022. Cette hausse de 8,5 points en trois ans montre que les malfaiteurs assument davantage le risque d'être surpris.
L'affaire survenue le 29 juillet à Saint-Thomas-de-Royans illustre cette réalité. Un habitant a surpris un cambrioleur en pleine après-midi, a alerté les forces de l'ordre, et le suspect a été interpellé puis placé en garde à vue, rapporte Le Dauphiné Libéré. Une simple présence ne suffit donc pas toujours à dissuader.
L'Occitanie, région à haut risque ?
Gaël Vaudin, dirigeant de la société FGS Alarme à Montpellier, met en garde sur la métropole héraultaise. En 2025, la proportion de cambriolages y a atteint 7,7 foyers touchés pour 1 000, au-dessus de la moyenne nationale de 5,6. Castelnau-le-Lez est la commune la plus exposée, devant Juvignac. Nîmes dépasse encore ce niveau avec 8,2 logements pour 1 000, et Béziers atteint 6,6.
Le contraste est net avec l'ensemble de l'Occitanie : 5,4 logements pour 1 000, un chiffre légèrement inférieur à la moyenne française. Les zones urbaines concentrent donc l'essentiel du risque, même si les secteurs périurbains ne sont pas épargnés.
La porte d'entrée, puis les fenêtres
D'après les données du ministère de l'Intérieur, 70 % des cambrioleurs entrent par la porte d'entrée. Cette dernière est donc observée en premier. Mais les fenêtres et baies vitrées constituent aussi une porte d'entrée fréquente : Le Coin Sécurité, citant les chiffres du ministère, indique que 23 % des cambrioleurs sont passés par une fenêtre ou une porte-fenêtre en 2024.
L'été accentue le phénomène. « Beaucoup de personnes laissent ouvert la nuit pour aérer et rafraîchir, c'est un piège », souligne Bérenger Billerot, responsable partenariats de services à la MAIF. Gaël Vaudin renchérit : « De jour, les gens mangent dehors, laissent les portes ouvertes. On n'entend très peu, les cambrioleurs en profitent. »
Les appartements aussi visés
Les maisons restent les cibles principales avec 75 % des cambriolages, selon Gaël Vaudin. Les appartements ne sont cependant pas à l'abri. Les voleurs y repèrent les fenêtres laissées ouvertes, les serrures fragiles et les volets qui restent levés en journée. « J'ai eu plusieurs cas dans le centre-ville de Montpellier. Ils escaladent, passent par les balcons, les gouttières », raconte l'expert. Certains vont jusqu'à retirer des tuiles pour entrer par le toit.
Repérages et signes d'absence
Les cambrioleurs amateurs agissent souvent par opportunisme, mais les plus aguerris préparent leur coup. Bérenger Billerot décrit des rondes effectuées plusieurs jours de suite : ils repèrent une voiture absente, des volets fermés en pleine journée, un courrier qui s'entasse dans la boîte aux lettres. La présence de voisins ne les dissuade que rarement. « Quand, dans une même rue, plusieurs foyers sont absents, ça facilite le travail des cambrioleurs, qui peuvent enchaîner sans trop se poser de questions », ajoute-t-il.
La moindre faille observée peut pousser au passage à l'acte. Que les occupants soient présents ou non, les cambrioleurs tenteront leur chance. Seuls les délais varient : un cambriolage dure ainsi de quatre à cinq minutes lorsque le logement est occupé, et peut s'étendre à une vingtaine de minutes lorsque les lieux sont libres.
Des systèmes de sécurité pour dissuader
Face à cette détermination, les experts conseillent de s'équiper d'un système de sécurité : alarme, caméras, détecteurs d'ouverture. « Sauf s'ils sont vraiment professionnels et disposent de brouilleurs, les cambrioleurs devraient être rebutés et réfléchir à deux fois avant de passer à l'acte », concluent-ils. L'objectif est d'allonger le temps d'exposition du logement et de réduire son attractivité aux yeux des malfaiteurs.



