Le préfet des Alpes-Maritimes a évoqué un « point de bascule » dans les manifestations lycéennes, alors que 39 personnes ont été interpellées ce mercredi 30 septembre 2026, dont 24 pour la seule ville de Nice. Selon la préfecture, contactée par notre rédaction, la nature des mobilisations a changé avec l’arrivée de groupes d’individus extérieurs aux établissements scolaires.
Des groupes extérieurs venus pour en découdre avec les forces de l’ordre
Le préfet des Alpes-Maritimes s’inquiète de la présence de jeunes qui ne sont scolarisés dans aucun établissement. Ces groupes profitent de la présence de manifestants, dont les revendications sont réelles, pour créer une forme de « bordélisation ». Leur objectif : attaquer les forces de l’ordre, dégrader, et créer le chaos.
Des sources policières contactées par Nice-Matin confirment la présence d’individus venus des cités, entièrement vêtus de noir. Selon elles, ils sont venus uniquement pour en découdre avec les forces de l’ordre. Mardi, cette tendance commençait à être observée. Elle a pris de l’ampleur ce mercredi.
Des violences en hausse, notamment à Magnan et à Antibes
« Nous avons constaté une montée des violences et des agressions sur les collègues. Notamment à Magnan, à Nice, où ils ont fait l’objet de tirs de fumigènes, d’artifices et de cailloux. Ils sont venus avec du matériel. Il y avait des endroits où des projectiles étaient entreposés en prévision des violences. S’exprimer c’est une chose, mais maintenant ça devient courant de casser tout ce qu’on croise et de s’en prendre aux policiers. Nous attendons des mesures fortes et des sanctions immédiates envers ceux qui sont interpellés », exige Jean-Luc Bragato du syndicat Alliance police nationale.
« Il faut que ces manifestations restent purement revendicatives, estime pour sa part Laurent Martin de Frémont, du syndicat Un1té. Que l’on soit dans l’idée de dire au monde entier que l’on n’est pas content c’est une chose. S’en prendre aux forces de l’ordre c’en est une autre et ça dépasse l’entendement. Il faut entendre la colère des lycéens. En démocratie on peut manifester, mais là il n’y a plus d’ordre républicain depuis deux jours, comme à Menton mardi. À Antibes et Nice aujourd’hui, on s’en est de nouveau pris aux policiers. Pour nous le point de bascule, c’est de s’en prendre aux fonctionnaires chargés du maintien de l’ordre. »
Des lycéens déplorent la violence et réclament des manifestations déclarées
Certains lycéens, rencontrés par Nice-Matin, confirmaient ce changement. À Antibes, des lycéennes, regrettant l’absence de climatisation dans les classes et des emplois du temps surchargés, déploraient ces dérapages. Avec le sentiment de se faire déposséder de leurs revendications au profit de la violence. « Il y aurait peut-être moyen d’organiser des manifestations déclarées, avec de vraies pancartes. Mais là ils ne font que casser. »
Selon la préfecture, dix lycées étaient concernés par les mobilisations dans le département, sans être tous bloqués. Selon nos informations, des mesures fortes pourraient être prises par les autorités ce mercredi pour enrayer ces violences, et gérer ce point de bascule. Leur contenu n’est pas encore précisé.
Un bilan judiciaire lourd : 59 gardes à vue, dont 57 mineurs
Les bilans judiciaires communiqués par les parquets de Nice et de Grasse font état, à l’échelle du département, de 59 personnes placées en garde à vue, dont 57 mineurs et deux majeurs. Rien que pour la journée de ce mercredi, 39 interpellations ont été effectuées dans les Alpes-Maritimes, selon la préfecture, dont 24 pour la seule ville de Nice.
Quatre policiers ont été légèrement blessés, ainsi que trois passants. Une policière niçoise a notamment pris un pavé sur la main. Alors que la justice frappe déjà, les autorités entendent mettre un terme à ces exactions.