Depuis les menaces de mort proférées par la "DZ Mafia" à l'encontre du maire Christophe Rivenq, Alès (Gard) vit sous le signe d'un déploiement policier massif. Les sirènes des forces de l'ordre résonnent dans les rues, créant une atmosphère de tension. Pourtant, les habitants rencontrés par Midi Libre expriment un sentiment de lassitude et d'abandon face à un trafic de drogue qu'ils jugent endémique.
"On a l'impression d'être dans une sorte d'état de guerre"
Monique, 67 ans, retraitée, témoigne sous couvert d'anonymat : "Je suis assez choquée par ce qu'il se passe. Depuis les menaces, on a l'impression d'être dans une sorte d'état de guerre." Elle n'est pas la seule à ressentir cette inquiétude. Yann, un habitant d'un quartier périphérique, observe le trafic quotidiennement depuis deux ans. "J'ai l'impression que tout le monde découvre le trafic de drogue, mais ça fait déjà deux ans que ça dure", déplore-t-il. Il ajoute, amer : "Un tag sur la maison du maire ? Pff, venez aux Cévennes, vous en verrez d'autres, et tout le monde s'en moque."
"Place nette, place nette XXL… les dealers remplacent les dealers"
Yann, choqué par les coups de feu tirés près de l'école des Promelles, critique les opérations "Place nette" et "Place nette XXL" : "C'est joli, mais ça ne sert à rien. Les dealers remplacent les dealers." Béatrice, commerçante du centre-ville, renchérit : "Il y a bien un jour où les CRS vont repartir. Mais nous, on reste. On a la sensation que tout le monde est dépassé."
Le commissaire assure que les points de deal restent une priorité
Le commissaire Emmanuel Dumas, chef de la police alésienne, affirme que les services restent mobilisés : "Nous continuons notre travail. Les points de deal sont une priorité." Il indique une hausse significative des procédures liées aux stupéfiants depuis le début de l'année, sans donner de chiffre précis. Malgré ces assurances, les habitants doutent de l'efficacité à long terme des mesures.



