Depuis le 2 août 2026, les baigneurs qui s'aventurent dans une zone où la baignade est interdite s'exposent à une amende forfaitaire de 68 euros. Le décret instaurant cette sanction a été publié dans le Journal officiel et est entré en vigueur immédiatement. Toute personne surprise en train de nager ou de pénétrer dans une zone non autorisée peut recevoir une contravention immédiate.
Cette amende de quatrième classe s'applique sur tout le territoire national, y compris en Corse et dans les départements d'outre-mer. Les zones concernées sont matérialisées par des panneaux « baignade interdite » et, dans certains cas, par des bouées ou des lignes d'eau. Elles correspondent le plus souvent à des endroits dangereux : plages soumises à de puissants courants de baïnes, déversoirs de barrages, secteurs pollués, ou encore périmètres de protection d'espèces marines.
Une verbalisation simplifiée
Jusqu'à présent, les forces de l'ordre hésitaient à verbaliser en raison des contestations possibles. La nouvelle amende forfaitaire simplifie la procédure : l'infraction est constatée par procès-verbal électronique, remis directement au contrevenant. Le paiement peut être effectué immédiatement par carte bancaire ou transmis au Trésor public. En cas de non-paiement, le montant est majoré.
Les agents habilités à verbaliser sont les policiers municipaux, les gardes champêtres, les gendarmes et les policiers nationaux. Les arrêtés municipaux ou préfectoraux délimitent précisément le périmètre de l'interdiction. Les contrevenants ne peuvent plus invoquer l'ignorance : la signalétique doit être visible et entretenue.
Un enjeu de sécurité publique
L'adoption de cette amende répond à un contexte estival particulièrement meurtrier. Les noyades demeurent l'une des premières causes de mortalité accidentelle en France. Selon le gouvernement, cette mesure s'inscrit dans le plan national de prévention des noyades et vise à inciter les nageurs à privilégier les plages surveillées.
Les maires des communes littorales attendaient cette mesure avec impatience. Beaucoup réclamaient depuis des années un outil juridique plus dissuasif que le simple rappel à l'ordre. Certains ont déjà annoncé la multiplication des patrouilles pendant la période estivale.
Exceptions et recours
Sont exclus du champ de l'amende les nageurs autorisés, les sauveteurs en mission, les professionnels de la mer, ainsi que les personnes contraintes d'entrer dans l'eau pour une urgence. En cas de contestation, le contrevenant peut adresser une requête en exonération dans un délai de 45 jours. Si la signalétique était absente ou non conforme, la contravention peut être annulée.
Dans les prochaines semaines, une campagne d'information sera lancée dans les lieux à risque. Les autorités souhaitent que l'amende soit comprise comme un moyen de prévention autant que de répression. Le montant de 68 euros, volontairement modeste, a été choisi pour être dissuasif sans pénaliser les familles en vacances.
Comment réagir en cas de contrôle
Une personne contrôlée doit fournir ses documents d'identité et se soumettre à la procédure. Il est recommandé de conserver le procès-verbal et d'en vérifier les informations. Les contestations doivent être adressées par lettre recommandée au centre de traitement des amendes.
Le dispositif pourra être complété par des arrêtés spécifiques, notamment pour les zones fréquentées par les surfeurs ou les pratiquants de sports nautiques. Les collectivités locales sont encouragées à développer des alternatives comme la baignade surveillée gratuite, afin de limiter les dérives.



