Sécurité civile : 150 élus appellent à une grande priorité nationale
150 élus réclament une priorité nationale pour la sécurité civile

Cent cinquante élus locaux, maires et présidents d'intercommunalités, ont publié une tribune dans Le Monde le 30 juillet 2026 pour alerter sur l'état de la sécurité civile en France. Ils réclament que celle-ci devienne « une grande priorité nationale » et appellent à un « sursaut collectif » face à la multiplication des crises climatiques et des risques naturels.

Un constat alarmant partagé par les élus

Dans ce texte, les signataires dénoncent un « décalage croissant » entre les missions confiées aux services de secours et les moyens qui leur sont alloués. Ils rappellent que les sapeurs-pompiers interviennent en moyenne toutes les 7 secondes en France, et que 80 % des interventions sont liées au secours d'urgence aux personnes. Selon les élus, le changement climatique a profondément modifié la donne : « Les incendies de forêt, les inondations et les mouvements de terrain sont désormais plus fréquents et plus intenses. »

Des besoins financiers urgents

La tribune cite une estimation de l'Assemblée des départements de France : le financement des services d'incendie et de secours (SDIS) nécessiterait 500 millions d'euros supplémentaires par an pour faire face aux nouvelles exigences opérationnelles. Les élus pointent également « l'usure des équipements » et « la fatigue des personnels », qui se traduit par une hausse de 15 % des arrêts maladie chez les pompiers professionnels depuis 2022. « Il est urgent d'investir dans la formation, le renouvellement des véhicules et la construction de casernes adaptées », insistent-ils.

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Un appel à l'État et aux collectivités

Les signataires, issus de tous bords politiques, demandent un « pacte national pour la sécurité civile » associant l'État, les départements et les communes. Ils proposent notamment de revaloriser la taxe spéciale sur les conventions d'assurance (TSCA), principale ressource des SDIS, dont le produit a stagné ces dernières années. « Il ne s'agit pas d'une simple question budgétaire, mais d'un choix de société », écrivent-ils, soulignant que « chaque citoyen a droit à une protection efficace, quel que soit son lieu de vie ».

Des exemples concrets de sous-financement

Parmi les signataires, Xavier Garcia, maire d'une commune de l'Hérault touchée par les incendies de 2025, déclare : « Nous avons vu nos pompiers lutter pied à pied avec des moyens obsolètes. Si rien ne change, nous serons dépassés par la prochaine catastrophe. » La tribune mentionne aussi le cas des départements ruraux, où les centres de secours peinent à recruter des pompiers volontaires, faute de formations attractives.

Quelles suites attendues ?

Les élus espèrent que leur appel sera entendu lors du prochain projet de loi de finances, prévu à l'automne 2026. Ils proposent également la création d'un « fonds d'urgence climatique » doté de 200 millions d'euros pour aider les collectivités à s'adapter. Le ministère de l'Intérieur, interrogé par Le Monde, n'a pas encore réagi. En attendant, les signataires exhortent les citoyens à soutenir leur démarche et à interpeller leurs représentants.

Un mouvement qui prend de l'ampleur

Cette mobilisation inédite dépasse les clivages traditionnels. On y trouve aussi bien des maires de grandes villes que de petits villages, de droite comme de gauche. Le président de l'Association des maires de France (AMF) a salué cette initiative, estimant qu'elle « remet la sécurité de nos concitoyens au cœur du débat politique ». La tribune complète et la liste des signataires sont consultables sur le site de Le Monde.

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