Le Snes-FSU, premier syndicat représentatif des enseignants de collèges et de lycées, a dressé un bilan « catastrophique » de la politique éducative d'Emmanuel Macron. Le syndicat dénonce le « déclassement » des enseignants et réclame une « revalorisation salariale sans contrepartie » dans le prochain budget.
Dix ans de politiques jugées néfastes
« Les dix ans de politique d'Emmanuel Macron ont attaqué l'école dans le sens même de sa mission, c'est-à-dire faire réussir tous les élèves », a déclaré Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, lors d'une conférence de presse jeudi à Paris, à quelques jours de la rentrée scolaire. « La réforme du bac, la réforme du lycée, ce qui s'est passé au collège a conduit, d'une certaine manière, à aggraver les inégalités, les inégalités sociales, mais aussi les inégalités filles-garçons », a-t-elle ajouté.
Selon elle, des « collègues nous disent de plus en plus qu'ils ont perdu le sens de leur métier. Il y a une forme de désenchantement à l'issue de ces dix ans pour lequel il va sans doute falloir du temps pour reconstruire l'école ».
La question salariale, une « urgence »
La question des salaires étant « l'urgence et la priorité », le syndicat appelle à la mobilisation le 29 septembre pour une « revalorisation salariale sans contrepartie » dans le budget 2027. Le syndicat compte déposer des préavis de grève chaque semaine au cours du mois.
« Le déclassement salarial des enseignants est avéré. On sait qu'aujourd'hui, un enseignant qui est cadre A de la fonction publique gagne 900 euros de moins que les autres cadres A de la fonction publique », a ajouté Sophie Vénétitay. Le syndicat réclame un salaire équivalent à 2,5 fois le smic en début de carrière des enseignants, contre 1,06 aujourd'hui.
Les conséquences de la cyberattaque
À quelques jours de la rentrée des enseignants, lundi, et des élèves, à partir de mardi, le syndicat alerte par ailleurs sur les conséquences de la cyberattaque ayant ciblé des bases de données de l'Éducation nationale pendant l'été. « Il y a des effets sur l'inscription des élèves. Dans l'académie de Nantes, les élèves qui ne sont pas affectés vont désormais devoir attendre jusqu'au 14 septembre pour avoir leur affectation » et risquent donc de devoir rester chez eux pendant deux semaines, rapporte l'élue syndicale.
Dans l'académie de Nantes et Toulouse, « la rentrée va se faire dans des conditions très dégradées et c'est quelque chose qui suscite l'inquiétude et la colère ».



