Édouard Philippe a franchi une étape décisive dans sa campagne présidentielle dimanche 5 juillet 2026 en réunissant environ 5 000 partisans à l'Adidas Arena de Paris, porte de la Chapelle. À neuf mois du scrutin de 2027, le président d'Horizons, donné comme le principal challenger du Rassemblement national, a promis une « refonte massive » de l'école et des efforts économiques justes pour redresser le pays.
Un discours de 1h15 sans grande annonce mais une promesse forte sur l'école
Dans un discours d'environ 1h15, Édouard Philippe a dévoilé son slogan « Croire en nous » et une identité visuelle aux couleurs bleu-blanc-rouge. Il a appelé à « remettre de l'ordre dans les affaires de la France » et à faire de « l'intérêt de nos enfants » la « boussole du prochain quinquennat ». Il a déclaré : « Ici, maintenant, nous lançons l'effort collectif qui va nous permettre de reprendre en main le destin de notre pays. Nous allons prendre le pouvoir ! »
Le candidat a insisté sur l'école, qu'il considère comme la « clé du redressement français ». Il souhaite « une refonte massive de l'école, la plus importante peut-être depuis Jules Ferry », avec notamment « un soutien scolaire universel combinant assistant IA personnalisée et brigades de professeurs, voire d'anciens professeurs et d'étudiants volontaires ».
Des efforts économiques justes et partagés
Édouard Philippe a répondu à l'étiquette de « sang et de larmes » que lui colle Gabriel Attal en promettant « un peu de sueur » : « je demanderai des efforts, mais des efforts justes, partagés et étalés dans le temps ». Il a assuré vouloir « préserver les ouvriers, les salariés modestes et les indépendants », mais a assumé de dire aux retraités qu'ils devront contribuer davantage, « aux cadres et aux employés du secteur public et privé qu'il faudra travailler plus longtemps », et à l'État qu'il devra se « serrer la ceinture ».
Il a également promis de « remettre de l'ordre dans les affaires de la France » dans la justice, avec l'application systématique de courtes peines, et aux frontières, avec des étrangers délinquants expulsés et privés d'aides sociales.
Un plaidoyer féministe et des attaques contre le RN et LFI
Sur le plan sociétal, Édouard Philippe a livré un plaidoyer féministe, affirmant que la société « portera mieux lorsque les femmes auront toujours plus les moyens de leur liberté, toujours plus d'autorité dans les décisions collectives ». Il a reconnu : « Je ne suis pas né avec cette conviction, mais j'ai la foi du converti et je ne lâcherai rien dans ce combat. »
Il a ciblé ses principaux adversaires : le Rassemblement national, taxé d'ambivalence, « social dans le Nord, libéral dans le Sud, porte-voix revendiqué des classes populaires dans les campagnes, mais gourmand des petits fours à Monte-Carlo » ; et La France insoumise, accusée de « banaliser les délires ethniques ou communautaires », de « flirter avec l'antisémitisme », et de nourrir « la haine du flic, la haine du riche ».
Une présence discrète de sa famille et un millier d'élus
Discret sur sa vie privée, Édouard Philippe était accompagné de son épouse et de sa mère, mais ses trois enfants n'étaient pas présents. Il a évoqué ses racines normandes et son combat contre la maladie (vitiligo puis alopécie). Selon Horizons, plus d'un millier d'élus étaient présents, dont la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, le ministre Mathieu Lefevre, des députés Renaissance (Astrid Panosyan-Bouvet, Marc Ferracci), le ministre LR Nicolas Forissier, deux députés MoDem, et le président du Parti radical Laurent Hénart.



