Le Lyonnais de 19 ans, Paul Seixas (Decathlon AG2R La Mondiale), a impressionné par son flegme et sa sérénité lors d'une deuxième étape du Tour de France particulièrement agitée, ce dimanche 5 juillet. Deuxième jour sur son premier Tour, première étape en ligne, une journée caniculaire et des soucis à répétition dans les quarante derniers kilomètres n'ont pas entamé le calme de ce jeune coureur, comparé à un moine bouddhiste. « Taisez-vous s'il vous plaît », a-t-il même lancé à un passant qui criait son nom pendant qu'il répondait à la presse à l'arrivée.
Une crevaison à 35 km de l'arrivée
Tout était réuni pour que la journée tourne au cauchemar. À 35 kilomètres de l'arrivée, alors que les équipes accéléraient pour aborder la triple ascension de la Côte de Montjuïc (1,6 km à 9,3 %), Seixas a subi une crevaison. Il a dû changer de vélo à deux reprises. « Je m'en sors très bien au vu des circonstances. Ça a été compliqué, on a eu des problèmes d'oreillettes, j'ai eu ma crevaison, j'ai changé deux fois mon vélo. J'ai grillé quelques cartouches pour pouvoir revenir avant la bosse. Heureusement, l'équipe a fait un très beau boulot. Avec Aurélien (Paret-Peintre), on a failli se prendre une voiture qui n'a pas regardé son rétro, c'était très dangereux », a-t-il déclaré à l'arrivée.
Un retour express et une perte minime
Au prix d'un effort soutenu, le Lyonnais a rejoint la queue du peloton au pied de la montée, à 28 km du but, et a réussi à basculer avec le groupe des costauds. À l'arrivée, il n'a pas pu se mêler au sprint pour la victoire mais n'a concédé que trois secondes sur Isaac Del Toro, Tadej Pogacar, Remco Evenepoel et Jonas Vingegaard. « Je m'suis fait baiser dans la descente », a-t-il soufflé à son staff en enfilant un gilet de glace pour baisser sa température corporelle. Ses parents étaient présents ; après un bisou de sa mère, il s'est installé sur home trainer et a décrit sa fin d'étape : « Une fois que c'était rentré dans l'ordre, j'ai essayé de m'économiser jusqu'à la fin. C'est monté moins fort que ce que j'imaginais dans la dernière ascension de Montjuïc. Mais je me suis fait un peu avoir sur la descente au niveau du placement. On a pris une cassure au pied de la dernière montée et je n'ai pas pu boucher l'écart. Trois secondes, ce n'est pas grand-chose. On reste sur un bon début de Tour. »
Des oreillettes défaillantes et une communication difficile
Le final a été rendu plus chaotique par des oreillettes défaillantes. « On arrive à communiquer sur la Lune mais apparemment, c'est plus dur sur une course de vélo », s'est agacé Tiesj Benoot (32 ans), capitaine de route de Decathlon, auteur d'un relais colossal dans Montjuïc. Seixas a expliqué : « J'ai essayé de dire au staff qu'il m'en manquait un peu pour vraiment attaquer. Mon directeur sportif ne comprenait pas et a fait rouler Tiesj. Moi, je préférais temporiser et suivre en cas d'attaque d'un autre. Au final, j'avais de meilleures jambes que je ne le pensais mais je voulais en garder un peu. C'est comme ça. » Bienvenue sur le Tour.



