La stratégie électorale de Mélenchon : immigration et clientélisme politique
Mélenchon, immigration et clientélisme politique

La stratégie électorale de Mélenchon : une conversion à l'immigrationnisme

Tout a commencé quand Jean-Luc Mélenchon s’est dit un jour : « Je suis leur chef, donc je les devance. » Pour tuer dans l’œuf un complot destiné à le remplacer à la tête de La France Insoumise (LFI), il a jeté par-dessus bord ses vieilles convictions laïques ou républicaines et participé, signe de son ralliement à l’islamo-gauchisme, à la fameuse marche contre l’islamophobie de 2019, inspirée par les Frères musulmans. Cette secte de « suprémacistes » islamistes tente notamment d’introduire le délit de blasphème dans nos démocraties et de criminaliser ainsi toute critique de l’islam.

La classe ouvrière en plein déclin s’étant repliée sur le Rassemblement National, la gauche devait s’inventer un nouvel électorat : les immigrés et les bobos. Telle était, en caricaturant à peine, la préconisation en 2011, dans une note prémonitoire, de Terra Nova, laboratoire d’idées proche du Parti Socialiste. Stratège non dénué de vergogne, Mélenchon a reconstruit sur cette base l’identité de LFI et enfourché ce nouveau cheval bien avant que les socialistes ne prennent le même chemin. En célébrant la « créolisation » et l’avènement d’une « nouvelle France », il s’est imposé dans ce qu’il appelle les « quartiers populaires ».

Une révolution démographique en cours

Après avoir longtemps sous-estimé le poids de l’immigration en France, l’État a, d’une certaine manière, validé la stratégie électorale de Mélenchon : la semaine dernière, une étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined), lequel n’est pas une officine « d’extrême droite », au contraire, révélait qu’un tiers de la population est immigrée ou descendante d’immigrés et que 41 % des Français sont liés à l’immigration par leurs ascendants, leurs conjoints ou les unions de leurs enfants. Une révolution démographique est en cours, qui met au jour, pardonnez ce sabir, « une société diverse, mélangée et segmentée ».

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La gauche européenne face au défi migratoire

Sur notre Vieux Continent, la gauche fait souvent le même pari que Mélenchon. Pas partout. Mette Frederiksen, la Première ministre sociale-démocrate du Danemark, a décidé de contrôler l’immigration, à l’instar de Georgia Meloni qui, en Italie, l’a réduite d’un tiers, n’en déplaise aux mauvais augures – et sans avoir régularisé 500 000 clandestins, comme le voudrait un bobard macroniste. Malgré leurs différences politiques, les deux femmes entendent mettre fin à la politique laxiste et suicidaire de l’Union européenne en matière d’immigration, qui donne raison à la célèbre formule de Milton Friedman, Prix Nobel d’économie : « Vous ne pouvez pas avoir en même temps un État providence et une immigration incontrôlée. »

L’immigrationnisme, idéologie appelant l’Occident à se fondre dans les peuples qui migrent chez lui, fait des ravages chez les socialistes belges, comme on peut l’observer dans leur ville de Bruxelles. Même chose chez les travaillistes britanniques. Keir Starmer, qui fait office de Premier ministre au Royaume-Uni, a fait très fort en osant déclarer récemment, lors d’un iftar du ramadan, que les musulmans sont « le visage de la Grande-Bretagne moderne ». Il aurait pu dire aussi, il a préféré zapper les mécréants anglicans, catholiques, hindous ou athées. Mais c’est en Espagne que le projet mélenchonien est encore le mieux à l’œuvre.

Le cas espagnol : un laboratoire pour l'immigrationnisme

Cerné par l’impopularité et les affaires de corruption, Pedro Sanchez, président du gouvernement socialiste, n’a certes pas de leçon d’antisémitisme à recevoir de LFI. Proche des mollahs iraniens, il ne recule devant rien pour complaire aux immigrés et entend régulariser sans attendre 503 000 clandestins – là, ce n’est pas un bobard -, avec l’espoir qu’ils lui assureront la victoire aux législatives prévues en 2027. Et voilà, patatras, que la justice espagnole vient de mettre au jour un gigantesque trafic d’influence mis en place par l’ex-président du gouvernement, José Luis Zapatero, via Abou Dhabi et le Venezuela, ancienne terre promise des Insoumis. Or ce gredin était la tête pensante et la référence de morale de… Sanchez.

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Quelle alternative pour la droite et le centre ?

Face à cette offensive de la gauche française, la droite et le centre macroniste sont au-dessus de tout. Sans sombrer dans l’électoralisme cynique, ils pourraient au moins parler aux immigrés et les mettre en avant : il y en a beaucoup qui pensent comme eux. Quant aux insoumis, enfants gâtés (et bien blancs) de la petite-bourgeoisie, ils ne connaissent la diversité que dans… leurs discours, pas chez leurs dirigeants. Cela ne durera pas. Bally Bagayoko attend son heure…

P-S : La semaine dernière, j’ai indiqué que Matthieu Pigasse était co-actionnaire du Monde. Il a cédé toutes ses parts. Dont acte.