Bally Bagayoko, ancien élu municipal et figure emblématique du communisme municipal en Seine-Saint-Denis, a officiellement rejoint La France insoumise (LFI). Cette annonce, faite le 15 mars 2025, marque un tournant dans la carrière de cet homme de 52 ans, connu pour son action de terrain dans les quartiers populaires.
Un parcours ancré dans le communisme municipal
Bagayoko a commencé sa carrière politique au Parti communiste français (PCF) dans les années 1990. Il a été élu conseiller municipal à Saint-Denis en 2001, puis adjoint au maire chargé de la jeunesse et des sports de 2008 à 2014. « J'ai toujours été au service des habitants, en particulier des jeunes, pour leur offrir des perspectives », a-t-il déclaré lors de son adhésion à LFI.
Son engagement local lui a valu le surnom de « grand frère » dans les quartiers nord de Saint-Denis, où il a mis en place des dispositifs d'accompagnement scolaire et d'insertion professionnelle. Selon une enquête de 2022, 60 % des jeunes ayant participé à ses programmes ont trouvé un emploi ou une formation dans les six mois.
Une rupture avec le PCF
En 2017, Bagayoko quitte le PCF en désaccord avec la ligne nationale du parti, qu'il juge trop éloignée des réalités locales. « Le PCF a abandonné les quartiers populaires, alors que nous avons besoin d'une présence forte et d'actions concrètes », explique-t-il. Il se rapproche alors de mouvements citoyens et de gauche radicale, avant de finalement adhérer à LFI.
Son arrivée est vue comme un renfort pour LFI dans les banlieues, où le parti cherche à étendre son influence. Jean-Luc Mélenchon a salué un « renfort de poids » sur X (ex-Twitter), évoquant « l'expérience unique de Bagayoko auprès des classes populaires ».
Un enjeu pour les prochaines municipales
Cette adhésion intervient à un an des élections municipales de 2026. LFI espère capitaliser sur la notoriété locale de Bagayoko pour conquérir des villes comme Saint-Denis ou La Courneuve. « Nous avons besoin de figures qui incarnent le renouveau de la gauche dans les quartiers », a affirmé un porte-parole de LFI.
Bagayoko pourrait être tête de liste à Saint-Denis, où la maire sortante PCF, Laurence Savary, brigue un second mandat. Les sondages locaux montrent une forte attente de renouveau : 45 % des électeurs interrogés se disent favorables à une alternance.
Réactions et critiques
L'annonce suscite des réactions contrastées. Le PCF local dénonce une « trahison » et accuse Bagayoko de « opportunisme politique ». De son côté, la France insoumise met en avant la cohérence de son parcours. « Bally a toujours défendu les mêmes valeurs de justice sociale et de solidarité », a tweeté le député LFI Éric Coquerel.
Bagayoko, lui, reste modeste : « Je ne change pas de combat, je change seulement de structure pour le mener plus efficacement. »



