Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a fermement réaffirmé ce mercredi que « l'abaya n'a pas sa place à l'école », répondant aux propos des chefs de file de La France insoumise (LFI) qui jugent l'interdiction de cette tenue « absurde ». Sur TF1, il a déclaré : « Je crois profondément au principe de laïcité. Ce n'est pas quelque chose qu'on foule aux pieds ou qu'on négocie. » Selon lui, la laïcité permet à « un jeune de grandir spirituellement à l'abri de la pression des autres ».
Une interdiction en vigueur depuis septembre 2023
L'interdiction de l'abaya, tenue traditionnelle musulmane, est entrée en vigueur en septembre 2023. Cette décision avait été portée par Gabriel Attal (Renaissance), alors ministre de l'Éducation, qui en avait fait un de ses marqueurs politiques.
Dimanche sur BFMTV, la cheffe des députés LFI, Mathilde Panot, a qualifié cette interdiction d'« absurde ». Elle s'appuyait sur des images montrant « deux jeunes filles qui arrivaient avec exactement la même robe achetée exactement au même endroit, mais comme l'une avait l'air arabe on lui interdisait l'entrée », contrairement à l'autre.
Les réactions des candidats à la présidentielle
Interrogée sur l'intention de LFI de revenir sur cette interdiction en cas de victoire de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2027, Mathilde Panot a répondu sans détour : « Sur l'abaya ? Oui bien sûr ». Cette déclaration a suscité de vives réactions parmi les candidats. Gabriel Attal, Marine Le Pen et Édouard Philippe ont accusé LFI de « trahir » la laïcité.
« L'école, c'est neutre. Donc l'abaya n'a pas sa place à l'école, pas plus que le voile, pas plus que la grande croix, pas plus que la kippa », a ajouté le ministre de l'Éducation, insistant sur le caractère non négociable de ce principe. Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions politiques autour de la laïcité à l'école, alors que la question des signes religieux reste un sujet sensible en France.



