Le gouvernement américain s'apprête à révoquer les visas d'affaires et de tourisme d'un grand nombre d'étrangers ayant déposé une demande d'asile aux États-Unis, a annoncé mardi le département d'État. Cette mesure pourrait concerner jusqu'à 200 000 visas, un record selon des médias américains, bien que le département d'État n'ait ni confirmé ni démenti ce chiffre.
Une fraude selon le département d'État
« Nous travaillons en coordination avec le DHS (le ministère de la Sécurité intérieure) pour identifier et révoquer les visas non-immigrant des étrangers qui sont venus aux États-Unis en prétendant être des visiteurs de courte durée, mais qui déposent ensuite une demande d'asile pour rester ici de manière permanente », a déclaré à l'AFP le porte-parole du département d'État, Tommy Pigott. « Obtenir un visa dans le but de demander l'asile constitue une fraude, ce qui justifie la révocation du visa », a-t-il ajouté.
Le département d'État a souligné que cette révocation se ferait de « manière progressive ». Les médias américains évoquent jusqu'à 200 000 révocations, ce qui constituerait un record. Le département d'État n'a pas confirmé ce chiffre mais ne l'a pas démenti non plus.
175 000 visas déjà révoqués depuis janvier
Début août, le département d'État avait annoncé que depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier 2025, quelque 175 000 étrangers aux États-Unis avaient vu leurs visas révoqués. Les motifs étaient variés : activités criminelles, infractions à la loi de type conduite sous influence ou encore pour avoir « célébré » l'assassinat du conservateur Charlie Kirk.
L'administration américaine a aussi récemment révoqué les visas de responsables politiques mexicains. Parmi eux figure le fils de l'ancien président Andrés Manuel Lopez Obrador. L'actuelle présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a accusé Washington d'« ingérence ».
Une politique migratoire stricte et contestée
Le président américain a fait de la lutte contre l'immigration clandestine une priorité. Il a massivement expulsé des immigrés en situation irrégulière, tout en restreignant largement, parfois de façon draconienne, l'entrée légale des ressortissants étrangers. Il a également réprimé sévèrement les étrangers qui outrepassent la durée de leur séjour aux États-Unis.
Plusieurs de ses mesures phares ont cependant été retoquées par la justice. Une juge fédérale américaine a ainsi déclaré vendredi dernier illégal le gel, décrété en janvier pour 75 pays, des procédures de visas permettant de résider de manière permanente aux États-Unis.
Les États-Unis encadrent, par ailleurs, de plus en plus sévèrement la délivrance de visas en contrôlant par exemple les réseaux sociaux des ressortissants étrangers demandeurs. « Avoir un visa est un privilège et non un droit », répète le secrétaire d'État américain, Marco Rubio.



