Vincent Feltesse quitte la politique après 20 ans de carrière, de Bordeaux à l'Élysée
Vincent Feltesse quitte la politique après 20 ans de carrière

Vincent Feltesse tourne la page après deux décennies d'engagement public

Le 22 février 2020, Vincent Feltesse a annoncé dans le journal Sud Ouest qu'il quittait définitivement la vie politique. Cette décision marque la fin d'un parcours de 20 ans dans la sphère publique, débuté en Gironde et ponctué de hauts et de bas, notamment à Bordeaux.

Les débuts prometteurs d'un surdoué de la politique

Né à Beauvais en 1967, Vincent Feltesse est un socialiste diplômé de HEC et d'un DEA d'histoire contemporaine de l'IEP de Paris. Après avoir travaillé dans un think tank économique de la Caisse des dépôts et consignations et comme journaliste pour Libération développement et la Revue d'économie financière, il arrive en Gironde en 1994 grâce à Alain Rousset, maire de Pessac.

Il intègre ensuite le cabinet de Philippe Madrelle au Conseil général, puis celui de Daniel Vaillant, ministre des relations avec le Parlement sous François Mitterrand. En 1998, à 30 ans, il devient directeur du cabinet d'Alain Rousset, nouvellement élu président de la Région Aquitaine.

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Succès et ascension dans la région Aquitaine

En 2001, Vincent Feltesse, alors quasi-inconnu, mène une liste d'opposition à Blanquefort et bat le maire sortant divers droite, Louis Fournier. Il devient ainsi l'un des plus jeunes maires de Gironde, tout en enseignant à l'Institut d'études politiques de Bordeaux.

Expert en stratégie politique, il dirige la campagne d'Alain Rousset pour les élections régionales de 2004, contribuant à la victoire des socialistes. En 2007, il est élu président de la Communauté urbaine de Bordeaux (Cub), succédant à Alain Rousset, et conserve ce mandat jusqu'en 2014.

Durant sa présidence, il met en œuvre plusieurs projets majeurs, dont le remplacement de Veolia par Keolis pour les transports en commun en 2008, la création du système de vélo en libre-service VCUB en 2010, et le lancement de la navette fluviale BatCub en 2013. Il inaugure également le pont Chaban-Delmas en 2013 et attribue le pont Simone-Veil à l'architecte Rem Koolhaas.

Passage à l'Assemblée nationale et échecs à Bordeaux

En 2012, Vincent Feltesse joue un rôle clé dans la campagne numérique de François Hollande pour l'élection présidentielle. Il devient suppléant de Michèle Delaunay, députée de la 2e circonscription de Bordeaux, et la remplace à l'Assemblée nationale lorsqu'elle entre au gouvernement, démissionnant de son mandat de maire de Blanquefort.

En 2014, il mène une liste d'union de la gauche pour conquérir Bordeaux, fief de la droite depuis 1947, mais est battu dès le premier tour par le maire sortant Alain Juppé. Après cette défaite, il devient conseiller municipal d'opposition à Bordeaux et conseiller à la présidence de François Hollande, chargé des relations avec le Parlement.

En 2019, il lance sa candidature aux élections municipales de Bordeaux sans étiquette, après avoir quitté le Parti socialiste. Cependant, avec seulement 7% des intentions de vote en décembre 2019, il abandonne la course et appelle à voter pour le candidat écologiste Pierre Hurmic.

Un retrait marqué par des souvenirs personnels

Vincent Feltesse quitte la politique avec des souvenirs mitigés, y compris des débuts difficiles à Bordeaux, où il a été victime d'un cambriolage en 1995 et a vécu dans un immeuble fissuré. Malgré ces épreuves, il est resté attaché à la région.

Son parcours, allant de Blanquefort à l'Élysée, illustre les vicissitudes de la vie politique, entre succès rapides et défaites cuisantes. Aujourd'hui conseiller maître à la Cour des comptes depuis 2017, il tourne définitivement la page sur une carrière publique intense.

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