Sénatoriales 2026 : dans le Gard, la gauche se divise, le RN guette
Sénatoriales 2026 : le Gard, gauche divisée, RN aux aguets

À l'approche des élections sénatoriales de 2026, le département du Gard s'apprête à vivre un scrutin sous tension. Les deux sénateurs sortants, Laurent Burgoa (LR) et Denis Bouad (PS), candidats à un second mandat, devraient conserver leur siège, mais le troisième fauteuil gardois pourrait bien changer de main. La gauche, affaiblie par des divisions internes, et le Rassemblement national, en embuscade, créent un contexte de forte incertitude.

Une gauche fragmentée et des ambitions contrariées

La victoire du communiste Vincent Bouget à Nîmes lors des municipales de mars dernier avait pourtant offert à la gauche un réservoir de plus d'une centaine de grands électeurs supplémentaires. En 2020, il ne lui avait manqué que dix voix pour arracher le troisième siège à la droite. Mais cette dynamique a été gâchée par les hésitations du sortant Denis Bouad, qui a longtemps tergiversé avant de se représenter, aiguisant les appétits de sa suppléante Carole Bergeri et du maire de Tresques Alexandre Pissas, déjà dissident en 2020.

L'intervention en coulisses de la présidente de région Carole Delga n'a pas suffi à apaiser les tensions. Alexandre Pissas a remporté un vote interne au PS, mais la direction nationale a préféré investir le sortant. Pissas a finalement renoncé à une nouvelle dissidence au dernier jour du dépôt des candidatures, vendredi, mais ce feuilleton a laissé des traces. Les écologistes, mécontents de l'abstention de Bouad sur la loi d'urgence agricole, ont annoncé qu'ils ne soutiendraient pas la liste d'union, et leurs voix pourraient se porter sur Carole Bergeri ou sur l'Insoumis Jean-Baptiste Thibaut, qui conduit une troisième liste à gauche.

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Un seuil électoral plus bas, une opportunité pour le RN

Malgré ce contexte, Denis Bouad devrait conserver son siège grâce à son socle de grands électeurs, mais sans plus. L'émiettement des suffrages pourrait en revanche profiter à Laurent Burgoa, seul candidat de la droite et du centre, très actif dans les zones rurales, qui pourrait sortir en tête malgré la perte des voix nîmoises. Mais la recomposition du corps électoral issue des municipales ne lui garantit pas une avance confortable.

Dans ce scrutin proportionnel à un seul tour, un seuil plus bas à franchir pour la troisième place pourrait ouvrir la porte au Rassemblement national, mené par la députée Sylvie Josserand. Fort de ses victoires aux municipales à Vauvert et à Bagnols-sur-Cèze, le RN espère séduire des grands électeurs non encartés. En 2020, il avait déjà dépassé les attentes en réunissant 203 voix, alors qu'on lui en prédisait 80. La capacité de la liste RN à élargir son audience déterminera le sort de ce troisième siège, traditionnellement disputé entre PS et LR.

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