Primaire PS-Place Publique : tensions et manœuvres en coulisses
Primaire PS-Place Publique : tensions en coulisses

La primaire organisée par le Parti socialiste et Place Publique, prévue les 9 et 16 octobre, est le théâtre de tensions en coulisses. François Ruffin souhaite y participer, tandis que des soutiens de Raphaël Glucksmann critiquent les manœuvres d'Olivier Faure, qu'ils accusent de vouloir « bordéliser » le scrutin.

Ruffin réclame sa participation et une baisse des frais

Mercredi matin, François Ruffin a réitéré sur RTL son envie de participer à cette primaire. Le député ex-Insoumis demande également que les frais de participation soient abaissés. La veille, Lucie Castets, ex-candidate à Matignon, a tweeté : « Utile en effet de poser la question : pourquoi exclure une large partie de la gauche du champ d'une primaire ? Que craignent ceux qui défendent un si petit espace et un suffrage censitaire ? »

Dans un café parisien, un soutien de Raphaël Glucksmann est convaincu que cette offensive est coordonnée par Olivier Faure pour « bordéliser la primaire ». Selon lui, « Olivier sait faire des additions. Il a compris qu'il avait perdu. Il veut donc changer le scénario et pour cela il lui reste 6 jours ». En effet, les candidats devront déposer leurs parrainages dans six jours, officialisant ainsi leur candidature.

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Un scrutin interne qui divise

En juillet dernier, lors d'un scrutin interne au Parti socialiste, les adhérents ont choisi de désigner leur candidat parmi ceux « faisant partie du pôle socialiste », écartant l'option d'une primaire ouverte voulue par le Premier secrétaire. Les courants de Nicolas Mayer-Rossignol et de Boris Vallaud se sont alliés pour mettre Olivier Faure en minorité.

« Il faut que l'on tienne jusque-là en martelant que l'on ne peut pas invalider le vote des adhérents, que l'on ne peut pas leur dire qu'ils ont mal voté », explique ce conseiller à La Dépêche. Les tensions ne se limitent pas au prix et au profil des candidats. Le choix du site d'inscription pour voter est également un enjeu. Pierre Jouvet, un proche d'Olivier Faure, a annoncé lundi sur Public Sénat que ce sera le site Parti socialiste.fr. Or, un site dédié et non affilié à l'un des deux partis existe : « choisir 2027 ». Problème, il ne remonte que difficilement dans Google.

Des enjeux financiers et une date limite contestée

L'enjeu financier est de taille. « C'est même l'objet de beaucoup de fantasmes, certains craignent que l'on puisse ainsi constituer un magot », explique notre contact. Pour l'instant, les inscriptions sont au nombre de quelques dizaines par jour. Les équipes de Raphaël Glucksmann auraient aimé que la date limite d'inscription ne soit pas si précoce. Elle est fixée au 5 octobre, alors que le premier débat entre les candidats n'est prévu que le 6 octobre. « Or c'est ce débat qui va provoquer les intentions de vote », regrette un proche du candidat, qui ne demandera pas pour autant un changement de règles.

Mardi, la direction PS assurait à Libération qu'une modification des règles est possible car la primaire est « un contrat conclu entre les parties prenantes » qui, si elles le souhaitent à l'unanimité, peuvent « modifier les mesures contractuelles avec un avenant ». Les six jours à venir promettent d'être longs. Durant cette période, Raphaël Glucksmann va multiplier les déplacements afin que le spectacle sur scène fasse oublier ce qui se passe en coulisses.

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