La primaire de la gauche pour 2027 vacille après les municipales
Affaiblis par les résultats des élections municipales, les dirigeants socialistes et écologistes peinent à maintenir le cap d'une primaire de la gauche pour la présidentielle de 2027. Cette initiative, annoncée pour le 11 octobre, risque de ne jamais voir le jour, selon certains observateurs. « La primaire est morte faute de combattants », assène un socialiste opposant à Olivier Faure.
Des défenseurs affaiblis et des soutiens en recul
Les principaux promoteurs de cette primaire, le chef des socialistes Olivier Faure et la patronne des écologistes Marine Tondelier, sortent chacun affaiblis des municipales. Olivier Faure, qui stagne autour de 5 % dans les sondages, espérait faire de ces élections une rampe de lancement pour sa candidature. De son côté, Marine Tondelier pâtit d'un bilan médiocre de son parti, qui a perdu plusieurs grandes villes. « Tondelier est affaiblie », constate un socialiste.
Les soutiens internes à Olivier Faure sont également en recul. Lors d'un bureau national du Parti socialiste, le chef des députés socialistes Boris Vallaud l'a mis en minorité, présentant une résolution cosignée par les opposants. Cette résolution accuse la direction d'avoir donné un blanc-seing aux alliances de second tour avec La France insoumise lors des municipales.
Des divergences stratégiques persistantes
Olivier Faure doit déjà faire face au refus du courant porté par le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, qui préfère un candidat issu d'un périmètre social-démocrate. Boris Vallaud a renforcé le camp des détracteurs, estimant que sans la participation de Raphaël Glucksmann, une victoire de la gauche est impossible et que le Parti socialiste risque la fracture.
Olivier Faure a toujours répété qu'il n'était « pas fanatique » de ce processus, mais qu'il ne voyait pas d'autres mécanismes pour éviter une multitude de candidatures. Il a martelé sur BFMTV que si chacun se décide par « ego mal placé », « on aura la même chose que le 21 avril 2002 », tout en assurant qu'il n'y aurait « pas d'accord national » avec LFI pour 2027.
Un appel de la société civile et des menaces de candidatures séparées
Malgré ces difficultés, une tribune publiée vendredi dans Libération et signée par des personnalités de la société civile, comme le philosophe Etienne Balibar ou l'économiste Thomas Piketty, est venue défendre cette initiative. Elle appelle « tous les partis de gauche » à participer à la primaire.
Olivier Faure soutient ce processus, dans lequel sont déjà impliqués Marine Tondelier, les députés Clémentine Autain (L’Après) et François Ruffin (Debout !), mais que refuse le leader de Place publique Raphaël Glucksmann. Le premier secrétaire a promis que les militants socialistes seraient consultés.
Cependant, même dans son camp, « personne ne croit plus beaucoup à la primaire », concède le président du conseil national du Parti socialiste Luc Broussy. Sébastien Vincini, président du département de Haute-Garonne, rejette l'idée d'une primaire qui serait « un dispositif d'exacerbation des différences ».
Les partenaires de gauche menacent déjà de candidatures séparées. « Si les socialistes ne viennent pas, ils plombent la primaire c'est sûr », admet Marine Tondelier. « Dans ce cas, la question d'une candidature écologiste va se poser », insiste une autre cadre du parti. François Ruffin a aussi indiqué qu'il se mettrait « en position de porter une candidature propre ».
La primaire de la gauche pour 2027 apparaît ainsi de plus en plus compromise, dans un contexte où l'extrême droite et la droite appellent « à un cordon sanitaire contre la gauche ». Les divisions internes et les refus de participation risquent de conduire à une fragmentation des forces de gauche, mettant en péril toute stratégie commune pour la présidentielle.



