Bayonne : LFI présente une liste municipale, Sandra Pereira-Ostanel défend sa candidature
LFI présente une liste à Bayonne, Pereira-Ostanel défend sa candidature

Bayonne : La France insoumise entre en campagne avec Sandra Pereira-Ostanel

Le bruit avait circulé, accompagné d'une certaine incrédulité. La France insoumise (LFI) préparait bel et bien une liste pour les élections municipales de Bayonne. Sandra Pereira-Ostanel a confirmé dimanche soir, par un mail aux rédactions du Pays basque, qu'elle emmènera la liste Bayonne insoumise et populaire le 15 mars prochain.

Il s'agit de la troisième proposition à gauche, aux côtés - ou plutôt en face - de Bayonne en mouvement Baiona mugimenduan (Jean-Claude Iriart) et Bayonne tout simplement (Henri Etcheto). Une liste propre, dûment estampillée LFI, qui affichera le logo du parti en grand, et non la simple mention « soutenu par ».

Une candidate qui défend sa légitimité

Élue d'opposition à Anglet où elle réside, Sandra Pereira-Ostanel justifie sa candidature à Bayonne par des éléments de sa vie privée et familiale. « Je suis née à Bayonne, j'ai grandi près de l'école Cavaillès, sur la rive droite. Puis, adolescente, à la 'petite ZUP'. Avant de m'installer, plus tard, à la 'grande ZUP', avec mon conjoint », explique-t-elle tout en refusant de s'étendre sur ces aspects personnels.

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Face aux accusations selon lesquelles sa candidature diviserait davantage la gauche, au bénéfice du maire sortant Jean-René Etchegaray (Renaissance), la candidate LFI récuse cette lecture. « C'est le jeu démocratique que de pouvoir amener nos idées dans ces élections. Et l'accueil enthousiaste des gens que nous rencontrons depuis des semaines nous donne de la légitimité », affirme-t-elle.

Le programme comme élément fédérateur

Pour Sandra Pereira-Ostanel, c'est le programme qui doit permettre de travailler ensemble à gauche, tant au niveau national que local. Elle rappelle que LFI a été moteur au sein de la gauche contre la droite et l'extrême droite lors des élections précédentes, notamment à travers la Nupes puis le Nouveau Front populaire (NFP).

Concernant les possibles convergences au second tour avec les autres listes de gauche, la candidate insiste : « Au premier tour on choisit, au deuxième on élimine. Il est urgent d'attendre les résultats du premier tour. En fonction, chacun devra prendre ses responsabilités ».

Elle précise sa position : « Chacun devra se demander s'il veut faire passer la droite et l'extrême droite. Ou bien est-ce qu'on trouve un programme sur lequel s'unir. C'est la seule vraie question ».

Un programme adapté du national au local

Interrogée sur l'adaptation des mesures nationales de LFI aux réalités locales, Sandra Pereira-Ostanel explique que le parti fournit « une boîte à outils » de centaines de mesures aux candidats municipaux. « Aux listes LFI de se saisir de celles qui sont pertinentes dans les villes où elles se présentent. De les adapter au terrain ».

La candidate souligne que LFI « équipe les candidats, leur donne des compétences. Elle forme des personnes engagées pour la collectivité ». Elle ajoute : « Nous ne séparons pas le national du local. Les préoccupations des gens à Paris, Saint-Palais ou Bayonne sont les mêmes ».

Selon elle, les thèmes qui émergent des consultations citoyennes sont identiques partout : « les gens parlent de se loger, de services publics, d'une offre santé de proximité ».

Une candidature tardive mais assumée

La candidate justifie le timing de sa candidature, annoncée seulement un mois avant le premier tour, par le fonctionnement démocratique de LFI. « LFI est un mouvement extrêmement démocratique, malgré les caricatures qu'on en fait. Nous avons beaucoup de réunions, à tous les échelons, des débats, des allers-retours ».

Elle assure disposer des 46 noms nécessaires pour constituer sa liste et réfute toute ambition personnelle ou calcul politique. « Je ne suis pas dans les calculs, je suis dans l'intérêt général. Ma vie politique le prouve. Je suis d'abord et avant tout de toutes les luttes contre l'extrême droite ».

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Parcours politique d'une militante engagée

Sandra Pereira-Ostanel, 59 ans, travaille comme rédactrice territoriale à l'aide sociale à l'enfance et exerce des fonctions syndicales. Son engagement politique a débuté par le militantisme associatif, notamment au sein de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE).

Le second tour de la présidentielle de 2002 entre Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen a constitué un point de bascule dans son parcours. Elle a milité au Parti socialiste avant de le quitter en 2012, déplorant que « son ennemi n'était pas la finance » sous la présidence de François Hollande.

La militante a ensuite rejoint LFI, parti qu'elle a représenté aux municipales d'Anglet en 2020 et aux législatives de 2022. En 2024, dans le cadre des accords du Nouveau Front populaire, elle avait dû céder la place à Colette Capdevielle pour les législatives.