Le Conseil national de Monaco a adopté le budget rectificatif 2026 jeudi soir par 13 voix pour, 2 contre et 5 abstentions, avec quatre élus absents. Ce vote clôt une semaine marquée par la suspension des débats le 7 octobre, après que le président de l'assemblée a estimé que le gouvernement n'avait pas répondu aux attentes des élus.
Un vote après des débats tendus
L'examen du budget, ouvert le 7 octobre, a été interrompu après deux heures d'échanges. Il a repris mardi, s'étalant sur trois soirées consécutives jusqu'au vote final. Le président du Conseil national, Thomas Brezzo, a justifié cette suspension comme « la seule solution » pour provoquer « un électrochoc » et permettre des échanges plus approfondis sur les lignes budgétaires.
Dans son intervention, Brezzo a salué la réponse du Ministre d'État, Christophe Mirmand, qui a « saisi la main tendue » en apportant des mesures concrètes, notamment sur la priorité nationale, un sujet clé pour les élus. Il a également insisté sur le logement domanial, déclarant que « l'essentiel reste devant nous, c'est-à-dire construire de nouveaux logements ».
Un dialogue à reconstruire
Christophe Mirmand a reconnu un dialogue « franc, parfois incisif » et a plaidé pour que cette franchise caractérise les relations futures. Il a toutefois noté que des « propos parfois acides » ne reflètent pas « la réalité du travail accompli ». Le vice-président de l'assemblée, Jean-Louis Grinda, a évoqué sa « stupéfaction courroucée » après la réponse du gouvernement au rapport de la commission des Finances, mais a conclu : « Vous nous avez écoutés et compris. »
Le budget rectificatif affiche un excédent de recettes de 5,9 millions d'euros et marque la fin d'une décennie de recettes exceptionnelles liées au projet Mareterra. Les élus s'inquiètent pour l'avenir, notamment la rénovation du stade Louis-II, dont le coût estimé à 240 millions d'euros en 2016 a triplé.
Des votes en demi-teinte
Plusieurs élus ont exprimé des réserves. Béatrice Fresko-Rolfo a voté pour, mais a estimé que « les attentes étaient fortes, les réponses pas suffisantes ». Mikaël Palmaro a voté pour, parlant de « confiance qui devra se confirmer dans les faits ». Christine Pasquier-Ciulla s'est abstenue, attendant « des explications » sur des dossiers structurants. Christophe Brico a également voté contre, évoquant des « sujets flous ». Philippe Brunner a rappelé ses inquiétudes sur la reconstruction de l'usine d'incinération près d'un collège, déclarant : « Il ne faut jamais banaliser le risque potentiel quand il s'agit de la santé humaine. »
Régis Bergonzi, leader du groupe minoritaire, a voté pour, affirmant qu'« être exigeant n'oblige pas à être contre tout ». Nathalie Amoratti-Blanc a voté contre, déplorant « un manque de vision, un manque d'ambition » et comparant la situation au film « Un jour sans fin ». Le débat sur le Budget Primitif pour 2027 est prévu en décembre, où ces questions devraient refaire surface.