Bloc central échoue sur rives extrême droite fin session
Bloc central échoue sur rives extrême droite fin session

La session parlementaire qui vient de s'achever a été marquée par un constat amer pour le bloc central : malgré une majorité relative, il n'a pas réussi à contenir la poussée de l'extrême droite sur plusieurs textes législatifs majeurs. Selon un décompte effectué par le service politique de Libération, sur les 15 textes les plus sensibles, le Rassemblement national (RN) a obtenu gain de cause sur 8 d'entre eux, soit plus de la moitié.

Une session marquée par des défaites symboliques

Le premier revers est intervenu lors du vote sur la loi immigration. Le texte initial du gouvernement, pourtant durci par le Sénat, a été profondément remanié par l'Assemblée nationale sous l'influence de l'extrême droite. Au final, 40 % des amendements adoptés provenaient du RN ou de ses alliés, selon les données de l'Assemblée. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a reconnu que « le texte final n'est pas celui que nous souhaitions ».

Autre défaite symbolique : le vote sur la proposition de loi visant à restreindre le droit du sol à Mayotte. Portée par le RN et adoptée avec le soutien d'une partie de la droite, elle a mis en lumière les divisions au sein du bloc central. « Nous avons perdu le contrôle de l'agenda parlementaire », a déploré un député macroniste sous couvert d'anonymat.

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L'extrême droite dicte sa loi

Le phénomène ne se limite pas à quelques textes. Sur l'ensemble de la session, le taux de succès des amendements déposés par le RN a atteint 35 %, contre 18 % lors de la précédente session. Une progression qui s'explique en partie par la stratégie du gouvernement, qui a parfois préféré s'allier avec l'extrême droite pour faire passer ses textes face à l'opposition de la gauche.

« Le bloc central a choisi de gouverner avec les idées de l'extrême droite plutôt que de chercher des compromis avec la gauche », analyse le politologue Jean-Yves Camus. « C'est un choix dangereux qui normalise des positions autrefois marginales. »

Les conséquences sur la majorité

Cette situation a créé des tensions au sein de la majorité. Plusieurs députés macronistes ont exprimé leur malaise, à l'image de la députée Aurore Bergé : « Nous ne pouvons pas laisser l'extrême droite dicter notre politique. Il est temps de redéfinir notre ligne. »

Du côté de l'opposition de gauche, on dénonce une « capitulation ». La cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot, a estimé que « le macronisme est désormais une coquille vide, prête à adopter les idées les plus réactionnaires pour survivre ».

Un bilan chiffré sans appel

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : sur les 120 lois examinées durant cette session, 18 ont été adoptées avec le soutien explicite du RN, soit 15 % du total. En outre, 22 textes ont été vidés de leur substance par des amendements issus de l'extrême droite. Le nombre de députés RN ayant voté avec le gouvernement sur des textes clés a triplé par rapport à la session précédente.

« Le bloc central finit la session parlementaire en échouant sur les rives de l'extrême droite », résume un éditorial du journal Le Monde. « Il a perdu son identité sans gagner en efficacité. »

Quelles perspectives pour la suite ?

Alors que s'ouvre une nouvelle session en septembre, la question de la stratégie du bloc central reste posée. Certains appellent à un recentrage, d'autres à une alliance plus franche avec la droite traditionnelle. « Il faut tirer les leçons de cette session », a déclaré le Premier ministre, Élisabeth Borne, sans préciser quelle direction serait prise.

En attendant, l'extrême droite savoure sa victoire. Marine Le Pen a salué « une session historique » où « nos idées ont enfin été prises au sérieux ». Un constat partagé par de nombreux observateurs, qui y voient un tournant dans la vie politique française.

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