Comment les Américains étendent leur influence au Vatican
Influence américaine croissante au Vatican

Les États-Unis ont considérablement accru leur influence au Vatican ces dernières années, en tissant des réseaux stratégiques au sein de la Curie romaine. Selon une enquête du journal, cette influence se manifeste notamment par la nomination de cardinaux américains à des postes clés et par des financements massifs en provenance de fondations américaines.

Une présence américaine renforcée dans les instances vaticanes

Depuis l'élection du pape François en 2013, le nombre de cardinaux américains au sein de la Curie a augmenté de 40 %. En 2026, sur les 120 cardinaux électeurs, 12 sont américains, contre 8 en 2013. Cette progression s'accompagne d'une présence accrue dans des dicastères importants, comme celui pour la Doctrine de la foi ou pour les Églises orientales.

Le cardinal américain Joseph Tobin, archevêque de Newark, a déclaré : « Notre présence ici n'est pas une question de pouvoir, mais de service. Nous apportons une perspective unique sur les défis de l'Église contemporaine. »

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Des financements américains qui pèsent lourd

Les fondations philanthropiques américaines, telles que la Fondation Gates ou la Fondation Knight, ont augmenté leurs dons au Vatican de 50 % depuis 2020, atteignant 300 millions d'euros en 2025. Ces fonds sont principalement destinés à des projets sociaux et éducatifs, mais aussi à la rénovation de bâtiments historiques.

Un haut responsable de la Curie, sous couvert d'anonymat, a confié : « L'argent américain est devenu indispensable pour le fonctionnement de nombreux services du Saint-Siège. Cela crée une dépendance que certains jugent préoccupante. »

Des réseaux informels et des think tanks

Au-delà des nominations officielles, les Américains ont développé des réseaux informels via des think tanks catholiques basés à Washington, comme l'Institut de la foi et de la culture. Ces organisations organisent des conférences à Rome et publient des rapports qui influencent les décisions vaticanes.

Le professeur John L. Allen Jr., expert du Vatican, explique : « Les Américains ont compris que pour influencer l'Église, il faut être présent à Rome. Ils ont investi dans des médias, des universités et des associations qui leur donnent une voix permanente. »

Des tensions avec les Européens

Cette influence croissante suscite des tensions avec les cardinaux européens, qui estiment que l'Église perd son caractère universel. Un cardinal italien, qui a requis l'anonymat, a déclaré : « L'Église n'est pas une multinationale américaine. Nous devons préserver notre diversité et notre autonomie. »

En réponse, le pape François a nommé davantage de cardinaux issus des pays du Sud global, mais les Américains conservent une avance financière et organisationnelle significative.

Un avenir incertain pour l'équilibre des pouvoirs

Alors que le prochain conclave se profile, la question de l'influence américaine reste centrale. Les experts estiment que le prochain pape devra composer avec cette réalité, qu'il soit américain ou non. En attendant, les réseaux américains continuent de se renforcer, tissant une toile qui pourrait redéfinir le visage de l'Église catholique pour les décennies à venir.

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