Trois jeunes hommes de 18 ans ont comparu vendredi 2 octobre devant le tribunal correctionnel de Nice, présidé par Christian Legay, après leur interpellation la veille en marge du mouvement lycéen. Ils ont été condamnés à des peines de travail d'intérêt général, allant de 70 à 105 heures, pour leur participation présumée aux rassemblements et pour port d'armes ou d'engins pyrotechniques. Aucun des trois n'a été incarcéré.
Un couteau suisse dans une sacoche
Le premier prévenu était poursuivi pour avoir participé à un attroupement devant le lycée Apollinaire de Nice, alors qu'il n'y est pas scolarisé, et pour avoir été trouvé porteur d'un couteau suisse. Interpellé par des agents de la Brigade anti-criminalité (Bac) dans l'après-midi, avenue François-Mitterrand, il a assuré n'avoir participé à aucun rassemblement, expliquant qu'il attendait le tramway pour aller « manger » avec des amis avant un entretien d'embauche. Concernant le couteau, il a indiqué l'avoir habituellement sur lui en raison de son ancienne activité dans l'électricité.
Son conseil, Me Eva Ballin, a dénoncé « une interpellation totalement arbitraire ». Bien que son casier soit vierge, le jeune majeur déscolarisé et sans emploi est connu de la justice pour des infractions liées aux stupéfiants. Les faits ont été requalifiés en simple port d'arme de catégorie D. Il a écopé de 70 heures de travail d'intérêt général, à exécuter dans les 18 mois, sous peine d'une incarcération de 6 mois.
Un mortier tiré près du lycée Calmette
Le deuxième mis en cause comparaissait pour des violences sans ITT sur des policiers nationaux, ainsi que pour des faits d'attroupement et de port d'arme (mortier) à proximité du lycée Calmette à Nice. Le jeune homme, dont le casier judiciaire est vierge, a validé un baccalauréat général et est en première année de communication à la faculté de lettres.
Ayant demandé un délai avant d'être jugé, son conseil, Me Valérie Arnould, entend demander la requalification en simple port d'arme, puisqu'aucun policier n'a déposé plainte pour des violences et que le tir était dirigé vers le haut. Il sera jugé le 13 novembre 2026. En attendant, conformément aux réquisitions du parquet, il lui est notamment interdit d'être présent aux abords des lycées.
Un gros pétard pour « faire son intéressant »
Le troisième jeune homme, déscolarisé et sans activité, a été interpellé le 1er octobre dans la matinée, à proximité du lycée Calmette. Selon les éléments présentés à l'audience, les forces de l'ordre ont repéré un homme de grande taille, le visage découvert, tenant « un pétard » d'une vingtaine de centimètres. Il l'aurait rangé dans sa poche à l'arrivée des policiers et ne se serait pas laissé interpeller facilement.
Le jeune homme a expliqué qu'il souhaitait participer au blocus, sans revendication particulière, et reconnaît être venu avant tout pour « s'amuser ». « J'avais ça pour faire mon intéressant », a-t-il déclaré dans le box, avant d'ajouter : « Je n'avais rien à faire là-bas. » Le tribunal l'a condamné à 105 heures de travail d'intérêt général, à effectuer dans les 18 mois, au risque de purger une peine de 6 mois d'emprisonnement.
Depuis le début du mouvement, lundi 28 septembre, six jeunes majeurs ont été présentés à la justice à Nice. Aucun d'entre eux n'a été incarcéré.