Le patrimoine nécessite des compétences de haut niveau, défendent d'anciens ministres
Patrimoine : des compétences de haut niveau nécessaires

Dans une tribune publiée dans Le Monde, plusieurs anciens ministres de la Culture et de l'Architecture défendent le rôle crucial des architectes des bâtiments de France (ABF) dans la protection du patrimoine. Ils estiment que ces professionnels disposent de compétences de haut niveau, indispensables pour préserver le patrimoine architectural français.

Un appel à reconnaître l'expertise des ABF

Les signataires, parmi lesquels figurent des personnalités comme Jack Lang, Renaud Donnedieu de Vabres ou encore Aurélie Filippetti, rappellent que les ABF sont des architectes et urbanistes de l'État, formés spécifiquement pour intervenir sur les monuments historiques et les sites classés. Ils déplorent que leur rôle soit parfois remis en question, notamment dans le cadre de projets d'aménagement ou de construction.

Selon eux, « le patrimoine ne peut être protégé que par des compétences de haut niveau ». Ils mettent en garde contre toute tentative de réduire les moyens alloués à ces professionnels ou de simplifier les procédures de protection au détriment de la qualité architecturale.

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Des missions essentielles pour le patrimoine

Les ABF sont chargés de délivrer les autorisations d'urbanisme dans les secteurs protégés, de conseiller les collectivités et les particuliers, et de veiller à la cohérence des interventions sur le bâti ancien. Leur action couvre environ 40 % du territoire français, incluant les abords des monuments historiques, les sites classés et les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP).

Les anciens ministres soulignent que ces missions exigent une connaissance approfondie de l'histoire de l'architecture, des techniques de construction traditionnelles et des enjeux contemporains de l'urbanisme. « Sans cette expertise, le risque est grand de voir le patrimoine se dégrader ou d'être dénaturé par des interventions inadaptées », écrivent-ils.

Un métier sous pression

La tribune intervient dans un contexte où les effectifs des ABF sont en baisse, passant de 800 à environ 600 agents en une décennie. Parallèlement, les demandes d'autorisation augmentent, ce qui entraîne des délais de traitement parfois longs et une charge de travail accrue pour ces professionnels.

Les signataires appellent à un renforcement des moyens humains et financiers alloués aux services patrimoniaux. Ils estiment que la protection du patrimoine est un enjeu culturel, mais aussi économique et touristique. « Le patrimoine attire chaque année des millions de visiteurs et contribue à l'attractivité des territoires », rappellent-ils.

Une défense de l'exception française

Les anciens ministres insistent sur le caractère unique du système français de protection du patrimoine, qui repose sur un équilibre entre l'État et les collectivités locales. Ils rejettent les critiques qui voudraient aligner la France sur des modèles plus libéraux, où la protection du patrimoine serait moins contraignante.

« La France a une longue tradition de protection de son patrimoine, qui fait sa fierté et son rayonnement. Il serait dangereux de fragiliser ce système en affaiblissant le rôle des ABF », concluent-ils.

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