Municipales 2026 : les enjeux contrastés de Beaucaire à Rodez à six mois du scrutin
Municipales 2026 : les enjeux contrastés de Beaucaire à Rodez

À moins de six mois des élections municipales, Midi Libre dresse un panorama non exhaustif de la situation politique dans les villes de l'est de l'Occitanie. Qu'ils soient déjà déclarés ou non, les candidats aux prochaines élections municipales affûtent leurs armes. Selon les contextes locaux, le scrutin s'annonce serré dans certaines communes, plus tranquille dans d'autres.

Ces villes où le suspense est faible

Bien sûr, un scrutin n'est jamais joué d'avance et un fait de campagne peut toujours tout changer. Mais la prime au sortant reste une réalité : en 2020, 83 % des maires sortants candidats ont été réélus. En 2026, cela devrait être le cas pour le LR Christophe Rivenq à Alès, qui a succédé à Max Roustan ; pour l'indéboulonnable Stéphan Rossignol (LR) à La Grande-Motte ; pour les élus RN Louis Aliot à Perpignan et Nelson Chaudron à Beaucaire ; ainsi que pour le DVG Armand Rivière à Pézenas. Robert Ménard, à Béziers, pourrait aussi figurer dans cette liste au vu de sa victoire au premier tour en 2020, mais la défaite de son épouse aux législatives de 2024 montre que la présence d'un candidat RN – hypothèse inédite jusqu'alors – pourrait lui compliquer la tâche.

Ces villes où le maire changera

Dans d'autres communes, les électeurs devront élire un nouveau maire, car l'actuel a annoncé qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat. C'est le cas à Mende (Lozère), où Régine Bourgade, qui avait remplacé Laurent Suau lorsque celui-ci a pris la présidence du Département, a toujours affirmé qu'elle s'arrêterait là. Stéphanie Maurin, membre de la majorité, devrait prendre le relais, mais elle devra faire face à au moins trois autres listes. À La Grand-Combe (Gard), Pascale Eugène, adjointe de la sortante Laurence Baldit, s'est mise en ordre de bataille. À Lodève (Hérault), la socialiste Gaëlle Levêque a jeté l'éponge à la surprise générale ; son équipe cherche qui serait le plus efficace pour conserver la mairie, tandis que des adversaires comme l'ancien député Insoumis Sébastien Rome ou l'opposant Claude Laateb pourraient profiter de la situation. À Mauguio-Carnon, 7e commune de l'Hérault, la récente décision d'Yvon Bourrel aiguise aussi les appétits et rend le scrutin très incertain.

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Procès, décès : des cas particuliers

En quelques mois, entre 2024 et 2025, deux maires emblématiques du littoral héraultais élus depuis 2001, Gilles d'Ettore à Agde et François Commeinhes à Sète, ont été poussés à la démission par la justice : le premier pour sa mise en examen dans l'affaire de la voyante, le second pour inéligibilité suite à un détournement de fonds publics. Ils ont été remplacés par leurs adjoints respectifs, Sébastien Frey et Hervé Marques, qui espèrent poursuivre l'aventure en 2026, mais ils ne bénéficient pas de la même notoriété que leurs prédécesseurs, ce qui ouvre des perspectives à leurs adversaires, nombreux – notamment au RN – dans ces villes. Entre les deux, à Marseillan, le maire Yves Michel a été condamné en décembre 2024 à quinze mois de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité pour favoritisme dans l'attribution de marchés publics. Son appel lui permet de se représenter en 2026, mais les électeurs lui renouvelleront-ils leur confiance ? Plus au sud, au Barcarès (Pyrénées-Orientales), Alain Ferrand profite du report de son procès pour concussion et prise illégale d'intérêts pour briguer un nouveau mandat. En 2020, il avait battu son ex-épouse. À Lunel, la maladie a emporté Pierre Soujol, faisant voler en éclats la majorité municipale et engendrant une vague de candidatures qui rend l'élection très indécise.

Ces villes que le RN veut prendre

L'un des enjeux nationaux de cette élection est la capacité du Rassemblement national à s'ancrer localement. Le Gardois Julien Sanchez, responsable de la stratégie nationale, a indiqué que son parti allait cibler certaines villes pour ne pas se disperser. Dans l'ex-Languedoc-Roussillon, le parti compte de nombreux députés qui pèseront, en tête de liste ou en appui. Le RN a notamment coché les villes gardoises de Nîmes, Bagnols-sur-Cèze, Pont-Saint-Esprit ou Vauvert ; Carcassonne voire Narbonne dans l'Aude ; Frontignan et Mèze, ainsi que Sète, Agde, Lunel et peut-être Béziers dans l'Hérault.

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Ces villes où le maire sera chahuté

Le danger pour les sortants ne vient pas que du RN. Dans certaines villes importantes, des affrontements plus classiques pourraient chahuter les maires en place. Ce sera notamment le cas dans l'Aveyron, à Millau, où le socialiste Emmanuel Gazel devra rejouer le match face au Républicain Christophe Saint-Pierre, et à Rodez, où le centriste Christian Teyssèdre verra le député macroniste Stéphane Mazars lui contester la place. Dans l'Hérault, à Castelnau-le-Lez, le LR Frédéric Lafforgue pourrait être sérieusement mis en difficulté par son adjoint Julien Miro, candidature qui pourrait favoriser la gauche. Dans le Gard, à Laudun-l'Ardoise, le maire Yves Cazorla, s'il repart, devra affronter son premier adjoint Patrick Pannetier, mais aussi l'ancien député-maire Patrice Prat qui revient en politique. Autant de situations diverses, et loin d'être exhaustives, qui montrent que ces élections municipales s'annoncent comme un rendez-vous démocratique majeur en région.