Le Brésil a annoncé ce lundi le rappel de son ambassadeur en Argentine, Julio Bitelli, pour consultations, après une série de déclarations offensantes du président argentin Javier Milei. Ce dernier a qualifié le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva de « corrompu » et « communiste », tout en attaquant le Mexique et le Parti démocrate américain.
Des propos qui enveniment les relations bilatérales
Lors d'un discours prononcé samedi à Buenos Aires, Milei a également traité le président mexicain Andrés Manuel López Obrador de « trotskyste » et le Parti démocrate américain de « socialiste ». Ces remarques ont suscité l'indignation de Brasília, qui a estimé qu'elles « portent atteinte à la dignité du Brésil et de ses dirigeants ».
Le ministère brésilien des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur argentin à Brasília pour lui signifier la protestation officielle. Selon une source diplomatique, « le gouvernement brésilien exige des excuses claires et sans équivoque ».
Un précédent de tensions croissantes
Ce n'est pas la première fois que Milei tient des propos polémiques. Depuis son élection en 2023, il a multiplié les attaques contre les dirigeants de gauche de la région. En mai dernier, il avait déjà qualifié Lula de « socialiste dangereux » lors d'un entretien à la télévision argentine.
Les relations entre les deux pays, partenaires clés du Mercosur, se sont tendues ces derniers mois. Le Brésil est le premier partenaire commercial de l'Argentine, avec un échange bilatéral de 28 milliards de dollars en 2025.
Réactions internationales
Le Mexique a également exprimé sa « ferme condamnation » des propos de Milei, rappelant son ambassadeur pour consultations. Le gouvernement mexicain a déclaré dans un communiqué que « ces attaques injustifiées nuisent à la fraternité entre nos peuples ».
Aux États-Unis, le Parti démocrate a dénoncé des « propos irresponsables et insultants ». La porte-parole du département d'État s'est dite « préoccupée par la détérioration du climat diplomatique dans la région ».



