Narcotrafic à Béziers : deux hommes condamnés, un Airbnb comme base
Narcotrafic à Béziers : deux hommes condamnés

Le tribunal correctionnel de Béziers a rendu son délibéré ce lundi 27 juillet dans une affaire de narcotrafic. Deux hommes, âgés de 24 et 25 ans, ont été reconnus coupables de trafic de stupéfiants et condamnés à des peines de prison ferme. Un troisième protagoniste, présent lors de l’une des interpellations, a été relaxé.

Une interpellation à l’avenue du Capiscol

Les faits remontent à la nuit du 12 au 13 juin. Un homme de 24 ans, de nationalité ivoirienne et titulaire d’un titre de séjour, est aperçu alors qu’il s’introduit dans une maison de l’avenue du Capiscol à Béziers. Interpellé sur place, il est en possession de plusieurs milliers d’euros. La perquisition de son domicile permet de saisir également des stupéfiants, du matériel de conditionnement et une somme d’argent complémentaire.

Diplômé d’un BTS management, ce jeune homme apparaît comme le cerveau du réseau. Il se rendait deux fois par semaine dans un logement loué via Airbnb pour livrer la drogue ou récupérer les recettes. C’est lui qui se désigne lui-même comme « le joker » dans l’organisation. Auditionné, il a d’abord nié son implication avant de reconnaître partiellement les faits à l’audience.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un livreur à trottinette et un troisième homme relaxé

Le second prévenu, âgé de 25 ans, est interpellé dans une chambre d’hôtel à Agde. Sans domicile fixe, il avait déjà été condamné pour trafic de stupéfiants à Angers (Maine-et-Loire). Son rôle : livrer la marchandise à l’aide d’une trottinette. Il a expliqué avoir été recruté devant la gare de Béziers, affirmant qu’il effectuait ces livraisons pour pouvoir se nourrir. « On m’a recruté devant la gare, je faisais des livraisons pour pouvoir manger », a-t-il déclaré aux policiers.

Un troisième homme, présent lors de l’interpellation de l’un des deux prévenus, a finalement été relaxé. Il n’a pas comparu, ayant déposé plainte pour des menaces de mort visant lui-même et sa famille. Depuis les faits, il a quitté la région pour sa sécurité.

La peur des représailles au centre des débats

L’audience s’est tenue dans une atmosphère tendue, marquée par la crainte de représailles. Le président du tribunal a interrogé le « joker » sur le code de son téléphone, que le prévenu refusait de communiquer. « Pourquoi ne pas avoir donné votre code de téléphone ? » a demandé le magistrat. « Parce qu’il y a des personnes, dont je ne veux pas donner l’identité… J’ai peur des représailles », a répondu le jeune homme, pourtant vierge de tout casier judiciaire. « Vous avez plus peur d’eux que de la justice, visiblement », a rétorqué le président, avant de s’adresser à l’autre prévenu : « Vous avez peur du monsieur à côté de vous, ce joker ? » Le livreur à trottinette est resté silencieux. Pourtant, lors de son audition, il avait confié aux policiers : « C’est lui le joker mais j’ai peur des représailles, d’aller en prison et de me faire défoncer », selon le président du tribunal.

La représentante du parquet de Béziers a, de son côté, dressé un bilan accablant. « Plus de 6 000 € ont été saisis, tout comme du cannabis, de la cocaïne, de la MDMA, de la kétamine… C’était un véritable marché de la drogue », a-t-elle affirmé, soulignant les effets néfastes du narcotrafic sur la population.

Des peines de prison ferme prononcées

À l’issue des débats, le tribunal a condamné le « joker » à un an et demi de prison ferme, assorti d’une interdiction définitive du territoire français. Le livreur à trottinette a écopé de quinze mois de prison, dont trois mois issus d’un précédent sursis. Tous deux ont été maintenus en détention à l’issue de l’audience.

L’affaire, jugée un peu plus d’un mois après les interpellations, illustre l’utilisation de locations de courte durée pour organiser un trafic de stupéfiants. Elle rappelle aussi la violence sourde qui entoure ce type de réseau, où la peur des représailles pèse sur les acteurs comme sur les témoins.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale