L'Australie et le Vanuatu ont signé dimanche 29 juin 2026 un accord de sécurité inédit qui exclut explicitement toute installation de base militaire étrangère dans l'archipel du Pacifique Sud. Ce pacte, conclu à Port-Vila, la capitale vanuataise, marque une étape clé dans la stratégie australienne de contenir l'influence croissante de la Chine dans la région.
Un accord historique pour la souveraineté du Vanuatu
Le texte précise que « les parties s'engagent à ne pas autoriser, faciliter ou permettre l'établissement de bases militaires ou d'installations de défense d'un État tiers sur leur territoire ». Selon le Premier ministre vanuatais, Ishmael Kalsakau, cet accord « garantit que notre souveraineté reste intacte et que nous ne serons pas entraînés dans des rivalités géopolitiques ». Le Vanuatu, archipel de 320 000 habitants, est un enjeu stratégique dans la rivalité entre les États-Unis, leurs alliés et la Chine, qui cherche à étendre son influence dans le Pacifique.
L'accord prévoit également un renforcement de la coopération en matière de surveillance maritime, de lutte contre la pêche illégale et de réponse aux catastrophes naturelles. L'Australie s'engage à fournir une aide financière et technique, notamment pour la modernisation des infrastructures portuaires et aéroportuaires du Vanuatu. Le montant total de l'aide n'a pas été divulgué, mais des sources diplomatiques évoquent plusieurs centaines de millions de dollars australiens sur cinq ans.
Un coup porté à l'influence chinoise
Cet accord intervient alors que la Chine a renforcé sa présence dans le Pacifique, notamment via des prêts et des projets d'infrastructure. En 2022, le Vanuatu avait suscité l'inquiétude de Canberra et Washington en signant un accord de sécurité avec la Chine, avant de le suspendre. Le nouvel accord australien verrouille désormais toute présence militaire chinoise dans l'archipel. « C'est un signal fort que le Vanuatu choisit son camp », a déclaré le ministre australien des Affaires étrangères, Penny Wong, lors de la signature. « Nous respectons le droit de chaque nation à déterminer ses propres priorités, mais cet accord renforce la stabilité régionale. »
Le Vanuatu est l'un des dix membres du Forum des îles du Pacifique à avoir signé un accord de sécurité avec l'Australie depuis 2023. Selon des analystes, cette dynamique isole davantage la Chine dans la région. « L'Australie a réussi à construire un réseau de partenariats qui limite les options de Pékin », estime un chercheur de l'Université nationale australienne.
Réactions et implications régionales
La Chine n'a pas encore officiellement réagi, mais des médias d'État ont critiqué l'accord comme « une ingérence dans les affaires intérieures du Vanuatu ». L'opposition vanuataise a également exprimé des réserves, estimant que l'accord pourrait compromettre la neutralité du pays. « Nous devons rester amis avec tout le monde, pas seulement avec l'Australie », a déclaré un député d'opposition.
L'accord entre en vigueur immédiatement et sera examiné tous les cinq ans. Il inclut une clause de confidentialité sur certaines dispositions opérationnelles, ce qui a suscité des critiques de la part d'ONG locales demandant plus de transparence. Le Vanuatu reste l'un des pays les plus vulnérables au changement climatique, et certains craignent que l'accord ne détourne l'attention des enjeux environnementaux urgents.



