Service national volontaire : les jeunes de Bayonne peu enthousiastes malgré une présentation modernisée
Service national volontaire : les jeunes de Bayonne peu enthousiastes

Le service national volontaire présenté aux jeunes à Bayonne : un accueil réservé

Depuis janvier dernier, le service national volontaire est systématiquement présenté aux jeunes lors de la Journée défense et citoyenneté, rebaptisée journée de mobilisation. À la caserne de gendarmerie de Bayonne, ce lundi 9 mars, environ cent jeunes ont participé à cette session obligatoire pour l'inscription au baccalauréat et aux examens nationaux.

Le ton était posé, évoquant des concepts comme la « menace hybride » ou le « conflit de haute intensité » dans le contexte de la guerre en Ukraine, présentés comme des « affaires de tous ». Des vidéos et informations ont été diffusées pour expliquer ce nouveau dispositif, qui remplace le service national universel (SNU) après son annonce par le président Emmanuel Macron en novembre 2025 à Varces en Isère.

Des ateliers modernisés mais un intérêt limité

Les participants, dispatchés en trois groupes, ont pu s'essayer à divers ateliers : tirs sportifs au laser, stratégie face à des menaces armées, ou immersion via un casque de réalité virtuelle. « Une nouvelle formule plus ludique et dynamique », selon Sandie Ferrandez, responsable de la mise en œuvre sur quatre départements du Sud-Ouest.

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Pourtant, lorsque une représentante du Centre d'information et de recrutement des forces armées (Cirfa) a demandé qui était intéressé par le service national militaire, aucune main ne s'est levée. Les justifications des jeunes interrogés incluaient des phrases comme « ce n'est pas quelque chose pour moi » ou « j'aurais pu le faire uniquement si je n'avais pas de projet pour plus tard ».

Tanjona, un des seuls majeurs présents, a commenté : « Entre nous, on ne parle pas beaucoup des conflits dans le monde, et le fait de devoir défendre la patrie me paraît encore loin. »

Un contexte international qui inquiète malgré tout

L'actualité internationale préoccupe néanmoins ces adolescents et jeunes adultes. Elona a déclaré : « On le voit apparaître de plus en plus, via des vidéos sur les réseaux sociaux et surtout dans l'actualité. Cela nous inquiète un petit peu et on fait des parallèles avec nos cours d'Histoire. » Juliette a ajouté : « Ce qui me préoccupe n'est pas vraiment la guerre mais surtout les attentats que ces conflits peuvent engendrer. »

Pour Sandie Ferrandez, cet intérêt justifie l'existence des Journées défense et citoyenneté : « Il est nécessaire de faire renaître cet esprit de défense chez les jeunes. La guerre en Ukraine et la mobilisation massive des citoyens nous rappellent l'importance d'avoir une capacité de résilience. » Elle précise que l'ambiance n'est pas alarmiste : « Elle sert aussi et surtout à faire connaître le monde des armées et d'en avoir une image plus réaliste. »

Les modalités pratiques du service national volontaire

Le service national volontaire, dont la première promotion est prévue pour septembre 2026, s'adresse aux personnes âgées de 18 à 25 ans. Les candidatures sont ouvertes jusqu'en avril pour un service de dix mois entre septembre et novembre. Les participants seront basculés pendant 5 ans dans la réserve opérationnelle de disponibilité, avec un rappel possible de maximum 5 jours par an.

La ministre des Armées Catherine Vautrin a précisé : « Il ne s'agit pas d'être appelé à combattre un jour sur le front. L'option d'une mobilisation générale nécessite un vote du Parlement, c'est vraiment dans des conditions extraordinaires qui ne se sont pas produites dans notre pays depuis la Seconde Guerre mondiale. »

Les objectifs de recrutement sont ambitieux :

  • 3 000 jeunes en 2026 (dont 1 800 dans l'armée de terre, 600 dans l'armée de l'Air et de l'Espace, 600 dans la Marine)
  • 4 000 en 2027
  • 42 500 en 2035

Comment candidater et conditions

Plusieurs options de candidature existent :

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  1. En ligne directement auprès des armées
  2. Via un Centre d'information et de recrutement des forces armées (Cirfa) local
  3. Lors de la journée défense et citoyenneté

Les 3 000 candidatures retenues seront sélectionnées sur la base de l'aptitude médicale, la motivation et une « adéquation aux besoins des armées ». La rémunération est d'environ 800 euros bruts mensuels, avec logement fourni pendant les dix mois de service.

Le coût prévu pour la période 2026-2030 s'élève à 2,3 milliards d'euros, dont 1,4 milliard dédié aux infrastructures.