Le musée des Troupes de marine de Fréjus dévoile une nouvelle exposition temporaire intitulée "La Coloniale", qui plonge les visiteurs dans l'histoire de France à travers son épopée militaire. Le colonel Bertrand Philip De Laborie, conservateur du musée, a sélectionné 80 affiches d'époque issues des riches collections du musée. Ces œuvres authentiques, allant du style art fauve aux couleurs flamboyantes à l'art déco anguleux, couvrent les murs d'une salle de 2 000 m².
Une scénographie pour tous
Le conservateur insiste sur la volonté de rendre l'exposition accessible au plus grand nombre. "Petits et grands doivent s'y retrouver. Jeunes enfants, non spécialistes, et même publics éloignés doivent pouvoir comprendre facilement ce qui est exposé", explique-t-il. Des groupes du centre éducatif fermé de Brignoles ont déjà visité l'exposition. Le musée accueille 20 000 visiteurs par an, dont 2 000 scolaires.
Des pièces remarquables
Parmi les 25 000 objets conservés, le colonel De Laborie a choisi des gravures, photographies, figurines, objets du quotidien, décorations militaires et 1 500 coiffures. "Il faut mettre en valeur ces pièces remarquables mais surtout les disposer de manière éloquente pour le grand public", souligne-t-il. 85 % des visiteurs sont des civils.
Les affiches coloniales
L'exposition présente des affiches des expositions coloniales de 1906, 1922, 1926 et 1931. Celle de 1931, qui reconstituait le temple d'Angkor, a attiré huit millions de visiteurs et suscité des polémiques. Le conservateur raconte que l'expression "se mettre sur son 31" viendrait de l'uniforme art déco créé pour les mariages en 1931, trop coûteux pour durer.
Les affiches montrent un empire pacifié, mais le conservateur précise qu'il s'agit d'une propagande coloniale. "La société française se forgeait une culture coloniale à travers ces images stéréotypées, bien loin de la réalité", explique-t-il. L'art graphique servait d'outil de communication percutant.
Propagande et recrutement
Un dessin de 1941 représentant un balai poussant un coq est une propagande allemande, tandis que quatre autres affiches ont été produites par le gouvernement de Vichy pour recruter. "Le recrutement a toujours été un défi, surtout pour servir dans les colonies. Les affiches mettaient en avant les soldes, primes et retraites", ajoute le colonel.
La plus ancienne affiche date de 1816, et une autre de 1892 montre des amazones du Dahomey guerroyant contre les soldats français. L'exposition est ouverte du mardi au dimanche, de 10 à 18 heures, avec entrée gratuite.



