« Mieux vaut prévenir que guérir » : telle est la maxime du sénateur de l'Hérault Jean-Pierre Grand, qui estime que les maires ont un rôle crucial à jouer dans la défense de la France. Ce message a été délivré en écho aux propos du général Fabien Mandon, chef d'état-major des Armées, qui a alerté les élus lors du 107e Congrès des maires, le 18 novembre 2025, sur un risque de guerre imminente.
Un constat alarmant partagé
Jean-Pierre Grand, sénateur et membre de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, rejoint le diagnostic du général Mandon : la France doit se préparer à un conflit dans les trois ou quatre ans à venir. « Nous sommes dans une situation de pré-guerre », affirme-t-il, pointant la Russie comme l'ennemi principal. Selon lui, la menace russe aux frontières des États baltes impose à l'Europe et à la France de défendre ces territoires, car « défendre les frontières européennes, c'est défendre la France ». Le général Mandon a souligné que la Russie est « convaincue que les Européens sont faibles alors qu'ils sont fondamentalement plus forts sur les plans techniques et industriels », mais qu'elle est « décomplexée dans l'usage de la force ». Il a insisté sur le manque de « force d'âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l'on est », avertissant que si le pays n'est pas prêt à accepter la perte de ses enfants ou des sacrifices économiques, il est en danger.
Le rôle des maires dans la sensibilisation
Face à cette menace, les maires sont appelés à la rescousse. Fabien Mandon leur a demandé de parler de ce risque dans leurs communes et de préparer la population. « J'ai besoin de vous car vous êtes la base arrière des armées et nos soldats se battront l'esprit libre s'ils savent que la base arrière tient », a-t-il déclaré. Les élus locaux peuvent également contribuer à améliorer les conditions de vie des militaires, notamment en facilitant l'accès aux écoles, aux crèches et au logement, car les déménagements fréquents compliquent la vie de famille. Jean-Pierre Grand insiste sur l'importance de ne pas cacher la réalité : « On sait très bien qu'on risque d'avoir un problème, on ne peut pas le cacher aux gens. »
Des réactions contrastées
Les propos du général ont suscité des réactions politiques. Jean-Luc Mélenchon (LFI) a exprimé un désaccord total sur X, estimant que ce n'est pas au chef d'état-major d'inviter les maires à des préparations guerrières. Ségolène Royal s'est interrogée sur l'anxiété des jeunes. Cependant, Jean-Pierre Grand défend l'alerte : « C'est une très bonne chose. Ça prouve que le but (d'alerter) est atteint. » Le maire de Pégairolles-de-l'Escalette, Frédéric Roig, reconnaît que le discours est anxiogène, mais le sénateur rétorque que la quotidienneté peut parfois empêcher la réflexion, et que ce discours « ramène sur Terre ».
Un appel à l'action collective
Au-delà de la sensibilisation, les maires sont invités à soutenir les armées en ayant un regard positif sur leurs activités, malgré les nuisances potentielles. Sur le plan budgétaire, Jean-Pierre Grand suggère que les élus interpellent leurs parlementaires pour obtenir les 6,7 milliards d'euros supplémentaires nécessaires au budget des Armées. L'objectif est de créer une prise de conscience collective et d'éviter que le pays ne soit pris au dépourvu.



