Alors que le réarmement européen s’accélère sous la pression du conflit ukrainien, une note d’analyse de François Ecalle, fondateur de Fipeco, publiée en exclusivité par Le Point, dresse un bilan contrasté des efforts de défense au sein de l’Union européenne entre 2021 et 2024.
Une hausse moyenne mais des disparités
Les dépenses militaires des pays de l’UE sont passées en moyenne de 1,3 % à 1,5 % du PIB sur la période, pour atteindre un volume total de 266 milliards d’euros. Mais cette moyenne masque de profondes disparités. Les pays d’Europe de l’Est, proches de la Russie, et ceux du Nord tirent la moyenne vers le haut : la hausse a atteint au moins 1 point de PIB en Estonie, en Lituanie, en Pologne et en Hongrie.
À l’inverse, l’effort a reculé proportionnellement au PIB dans d’autres États comme l’Italie, l’Irlande ou la Bulgarie. Dans le bas du classement, les dépenses de six pays de l’UE, dont l’Autriche (0,7 %) et l’Espagne (0,9 %), restent inférieures ou égales à 1 % de leur PIB.
La France au 8e rang, l’Allemagne la dépasse en valeur absolue
La France occupe le 8e rang européen, avec un effort en hausse de 0,2 point depuis 2021, à 1,9 % du PIB, soit 54 milliards d’euros. L’Allemagne, elle, affiche un rattrapage plus marqué (+ 0,3 point), et si la défense ne représente encore que 1,4 % de son PIB, son poids économique lui permet désormais de dépasser Paris en valeur absolue, avec 59 milliards d’euros.
Une subtilité méthodologique
Reste une subtilité : selon la méthodologie retenue, la position française change du tout au tout. Là où Eurostat place la France à 1,9 %, juste sous le seuil symbolique des 2 % fixé par l’Otan en 2014, l’Alliance atlantique, qui intègre les pensions militaires et une partie du budget de la gendarmerie, crédite Paris d’un effort de 2,03 % du PIB. Une nuance qui n’est pas sans conséquences politiques.



