Polémique éco-anxiété : le gouvernement esquive face aux critiques
Polémique éco-anxiété : le gouvernement élude

Alors que des incendies de forêt ont ravagé plus de 116 000 hectares et forcé l'évacuation de 220 000 personnes en Gironde, le gouvernement a choisi le 23 juillet pour diffuser sur ses réseaux sociaux une campagne intitulée « Comment gérer l'éco-anxiété ». Ce décalage entre l'urgence climatique et une communication axée sur le bien-être psychologique a déclenché une vague de critiques.

Une campagne au timing contesté

La campagne, issue de l'Agence de la transition écologique (Ademe), rappelle que près de 6,3 millions de Français seraient « moyennement éco-anxieux » et 2,1 millions fortement touchés. Elle propose des conseils tels que « mettre des mots sur ce que l'on ressent », « rejoindre un groupe de parole ou d'action » ou encore « identifier ce qui dépend de soi ». Mais pour de nombreux internautes, ces suggestions paraissent déconnectées de la réalité, alors que le pays subit des vagues de chaleur record et des incendies dévastateurs.

Les critiques pleuvent sur les réseaux sociaux

Sur Instagram, les commentaires ironiques abondent. Une internaute propose sarcastiquement : « Prochaines idées de post insta : comment bien vivre son cancer du pancréas lié aux pesticides réautorisés. » Une autre interpelle : « Et vous, gouvernement, est-ce que vous avez identifié ce qui dépend de vous ou pas du tout ??? » La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, s'est jointe au chœur des mécontents : « Il y a des responsables de cette éco-anxiété. Et [le gouvernement] en fait partie. » Elle ajoute : « Ce qui nous rend éco-anxieux, c'est que les solutions sont ignorées. »

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La ministre esquive les questions

Interrogée le 28 juillet sur France Inter, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a éludé la question sur le timing de la campagne. « Est-ce que c'était vraiment le bon moment ? » a demandé le journaliste Alexis Morel. La ministre a préféré insister sur « l'implication des psychologues et des psychiatres » pour accompagner les victimes des incendies, déclarant : « Nous sommes dans un moment de crise très important avec un feu complètement fou qui angoisse. » Cette réponse n'a pas apaisé les critiques, alors que le gouvernement est pointé du doigt pour son inaction climatique.

Un contexte de crise écologique

La campagne intervient après un bilan environnemental décrié de la décennie Macron, marqué par trois vagues de canicules sans précédent. Les incendies en cours, qui ont déjà brûlé des milliers d'hectares, rappellent l'urgence d'agir sur les causes du réchauffement climatique, plutôt que de se focaliser sur ses effets psychologiques. Sollicitée par Le Nouvel Obs, l'Ademe n'a pas souhaité commenter la polémique.

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