Le CEPA-10S fête ses 110 ans, toujours indispensable à la Marine
CEPA-10S : 110 ans au service de l'aéronautique navale

Depuis 110 ans, aucun aéronef de la Marine nationale n'entre en service sans passer par le Centre d'expérimentations pratiques et de réception de l'aéronautique navale (CEPA-10S), basé à Hyères. Héritier de la Commission d'études pratiques d'aéronautique installée à l'origine sur la base de Fréjus Saint-Raphaël, cette unité a célébré son anniversaire ce samedi 12 septembre, alors que la Marine fête également les 400 ans de sa création.

Une unité méconnue mais essentielle

Le CEPA-10S est pourtant l'unité la moins connue de la BAN d'Hyères. Son commandant, le capitaine de vaisseau Vincent Isorce, explique que cela tient au fait qu'elle n'est « pas une unité de première ligne, de combat ». Pourtant, tout ce que la Marine nationale compte comme hélicoptères et avions est forcément passé entre ses mains expertes avant d'être déclaré opérationnel, du Breguet Alizé des années 1960 au Rafale Marine actuel, en passant par l'Alouette III et le Caïman.

Des drones testés depuis trente ans

Le CEPA-10S a également éprouvé les drones. « Cela fait longtemps qu'on travaille sur les drones. Il y a une trentaine d'années déjà, avec le Vigilant F-2000, un drone hélicoptère développé par la société Techno Sud aujourd'hui disparue, on avait travaillé sur la BAN d'Hyères à la mise au point d'un système d'appontage automatique. C'est un camion plateau qui simulait la plage arrière d'un navire de guerre », raconte le commandant Isorce.

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Le standard F5 du Rafale Marine en préparation

Alors qu'on assiste à un réarmement général, les quelque 230 personnels du CEPA-10S, parmi lesquels une quarantaine de civils de la Défense, ne chôment pas. Notamment son détachement Chasse basé sur la base aérienne 125 d'Istres. « Lors de la mission La Fayette 26 (du 17 janvier au 11 juillet 2026), on a testé de nouvelles aides à l'appontage sur le standard F4.2 du Rafale Marine. Mais avec la DGA et l'industriel Dassault, on travaille déjà sur le standard F5 attendue à partir de 2033 », raconte le commandant Isorce.

Augmenter la létalité des hélicoptères

Le Rafale Marine n'est pas le seul dossier qui occupe le CEPA-10S. « On doit étudier la navalisation sur frégate du VSR 700, le drone à voilure tournante développé par Airbus Helicopters. Vu le durcissement du monde, la montée des tensions, on va également travailler sur la létalité des hélicoptères de la Marine (Caïman, Panther, Dauphin), les doter de capacités de défense, de capacités de frappe plus importantes. Fin 2026-début 2027, une fois qu'on aura reçu le prototype du Guépard, version militaire de l'hélicoptère H160, on travaillera également à sa navalisation sur frégate », détaille encore le commandant Isorce.

La cérémonie du 110e anniversaire n'était pas ouverte au public, mais une démonstration dynamique a eu lieu dans le ciel hyérois avec notamment le détachement Chasse d'Istres et une partie des drones en service dans la Marine. À ce sujet, le capitaine de vaisseau Vincent Isorce a confié à la veille de l'événement : « Comme on ne vole jamais pour rien, on profite de cette démonstration pour télépiloter les drones depuis un hélicoptère ».

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