Fin de mandat à Saint-Vincent-de-Tyrosse : les oppositions expriment leurs ressentiments
Fin de mandat : les oppositions expriment leurs ressentiments

Un dernier conseil municipal marqué par les critiques de l'opposition

Le dernier Conseil municipal de la mandature à Saint-Vincent-de-Tyrosse, qui s'est tenu le lundi 16 février 2026, a été marqué par des échanges particulièrement francs entre la majorité et les deux groupes d'opposition. Alors que l'ordre du jour comportait peu de délibérations substantielles, cette séance a principalement servi de tribune aux élus minoritaires pour exprimer leur bilan et leurs ressentiments après six années d'engagement politique au service de la commune.

Des témoignages personnels sur l'expérience de l'opposition

Fusilha Destenabe, représentante de Tyrosse en commun, a ouvert le débat en partageant une réflexion nuancée sur son mandat. "Cette expérience a été, malgré nos désaccords politiques, riche humainement", a-t-elle déclaré, soulignant avoir toujours cherché à adopter une démarche constructive et respectueuse. Elle a remercié l'ensemble des élus pour les échanges, tout en pointant du doigt les limites du fonctionnement démocratique local observées durant cette période.

"Nos conseils municipaux ont trop souvent laissé peu de place au débat, peu d'explications, peu de pédagogie sur les décisions prises", a-t-elle regretté. Pour elle, la démocratie locale ne saurait se réduire à une simple succession de votes, mais nécessite au contraire contradiction, pluralisme, transparence et temps d'explication. "Une opposition n'est pas un obstacle, elle est une richesse", a-t-elle insisté, défendant l'idée que le débat est une condition essentielle à la confiance citoyenne.

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Des désaccords assumés mais sans amertume

Fusilha Destenabe a également évoqué sa tentative de constituer une liste d'union de la gauche avec le maire sortant, une proposition qui a finalement été refusée. "Je quitte ce Conseil municipal avec des désaccords assumés, mais sans amertume", a-t-elle conclu, marquant ainsi la fin de son engagement dans cette instance.

Son témoignage a été relayé par Gilles Dor, élu d'Osons Tyrosse Semisens 20-26, qui a exercé son mandat depuis 2020. Il a défini son rôle dans l'opposition comme un exercice de responsabilité, visant à veiller, proposer, alerter et contribuer dans l'intérêt général. "Être dans l'opposition ne signifie pas s'opposer par principe", a-t-il précisé, rappelant que chaque intervention était guidée par la volonté d'améliorer les décisions pour la commune.

Des relations parfois tendues avec la majorité

Gilles Dor a reconnu que leurs questions pouvaient déranger ou agacer, et que les réponses n'étaient pas toujours bienveillantes, le ton pouvant même être sarcastique. "Cela ne nous a pas empêchés de poursuivre notre action", a-t-il affirmé, soulignant leur détermination à représenter avec exigence les électeurs qui leur ont accordé leur confiance.

Face à ces critiques, le maire sortant et candidat à sa propre succession, Régis Gelez, a répondu avec franchise. "Je pensais que les interventions auraient pour but de nous congratuler d'un travail accompli ensemble pendant six ans", a-t-il avoué, qualifiant les propos des oppositions de "rudes". Il a justifié certaines limites par l'impossibilité de "tout faire" et a jugé les oppositions dogmatiques et donc non constructives, estimant qu'elles ne maîtrisaient pas tous les dossiers.

Régis Gelez a également exprimé un regret concernant les prochaines élections municipales : "Je regrette de ne pas avoir de liste en face qui proposerait un contre-projet de mandat", soulignant ainsi l'absence selon lui d'une alternative politique claire.

Des décisions techniques adoptées en fin de séance

Au-delà de ces échanges politiques, le conseil municipal a tout de même adopté plusieurs mesures techniques :

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  • Un tarif de 150 euros par demie-journée a été fixé pour toute location d'équipement sportif communal émanant d'une autre commune.
  • Le Syndicat d'équipement des communes (Sydec) procédera à l'enfouissement des réseaux d'éclairage public de l'avenue d'Aspremont, entre la rue des Fontaines et la RD 810, avec un reste à charge pour la commune s'élevant à 35 196 euros HT.

Ces décisions, bien que pratiques, n'ont pas effacé l'atmosphère particulière de cette séance, qui a servi de conclusion symbolique à six années de vie démocratique locale, marquée à la fois par des collaborations et des tensions entre majorité et opposition.