École du Centre : un dossier explosif s'invite dans la campagne municipale à Mont-de-Marsan
École du Centre : un dossier explosif dans la campagne municipale

Un dossier scolaire envenime la campagne électorale à Mont-de-Marsan

À un mois du scrutin municipal, le dossier sensible de l'école du Centre surgit au cœur de la campagne politique, créant des remous significatifs parmi les candidats. Déménagement, rénovation complète, audit approfondi ou création d'une école pilote : les propositions rivalisent, mais aucun candidat n'est actuellement capable d'en fournir un chiffrage précis et définitif. Ce sujet, presque inflammable, tombe à point nommé pour Charles Dayot, le maire sortant, qui cherche à reprendre l'initiative après avoir été malmené par plusieurs affaires judiciaires.

Charles Dayot : le déménagement comme seule option

« Rénover n'est pas une option », affirme avec fermeté Charles Dayot. Le maire sortant propose le déménagement pur et simple de l'école du Centre vers la salle Lamarque-Cando, un équipement municipal qu'il qualifie de « sous-utilisé et vieillissant ». Il justifie cette position radicale par des considérations financières : alors qu'il évoquait en septembre 2025 un premier chiffrage des travaux à 630 000 euros hors taxes, il parle désormais d'un million d'euros, un montant qu'il juge « disproportionné ».

Le candidat mise sur le tout culturel pour son projet : « Elle sera située à 50 mètres du Musée Despiau-Wlérick, 250 mètres du théâtre Le Molière et 500 mètres du CaféMusic. » Concernant la cour de récréation, il propose d'aménager la terrasse de la salle, qui serait « végétalisée et sécurisée par des garde-corps ». Cependant, Dayot reconnaît lui-même que le coût exact de cette transformation n'est pas encore déterminé : « À ce stade, aucune enveloppe définitive ne peut être annoncée. »

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L'opposition dénonce une manœuvre électorale

À gauche, Frédéric Dutin ne mâche pas ses mots : « Cela fait des années que nous tirons la sonnette d'alarme. Et là, M. Dayot réagit à un mois des élections ? » Le candidat socialiste propose une méthode plus prudente : un audit complet qui pourrait déboucher soit sur une rénovation chiffrée et techniquement faisable, soit sur la création d'une nouvelle école en centre-ville.

Dutin raille le projet Lamarque-Cando, qu'il juge irréaliste : « Et puis ces images générées par IA... J'ai l'impression qu'il a fait son programme sur ChatGPT. » Il dénonce une situation qu'il estime dangereuse à l'école du Centre : « Les enfants y sont en danger. Les murs sont humides, il y a des champignons. Ils respirent cela. »

Geneviève Darrieussecq : privilégier un diagnostic approfondi

Chez Geneviève Darrieussecq, l'ancienne maire, le ton est plus mesuré mais la critique n'en est pas moins ferme. Si elle partage le constat d'un bâtiment scolaire dégradé, elle conteste frontalement la solution avancée par son successeur : « L'espace n'est pas assez grand pour accueillir plusieurs classes. »

Elle soulève une série de contraintes techniques et réglementaires : « Il y a des normes très strictes pour une école maternelle. Où va-t-il placer la salle de motricité ? Les toilettes ? La cour de récréation ? » Darrieussecq propose plutôt de repartir d'un diagnostic approfondi de l'école actuelle, afin de déterminer objectivement si une rénovation est possible, techniquement et financièrement.

Nicolas Lerègle (RN) : « un aveu d'échec »

Pour Nicolas Lerègle du Rassemblement national, la proposition de Charles Dayot est avant tout « l'aveu d'un échec ». Le candidat d'extrême droite inscrit cette situation dans le temps long : « La dégradation de l'école du Centre ne date pas d'il y a six semaines. »

Il estime que la situation actuelle résulte de choix politiques assumés : « En voulant désendetter la ville, Charles Dayot a affaibli le service public. » Lerègle se montre néanmoins plus réservé sur la solution à apporter, reconnaissant ne pas disposer de l'ensemble des éléments techniques. S'il est élu, il promet de faire de ce dossier un chantier prioritaire.

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Un consensus fragile sur le maintien en centre-ville

Malgré leurs divergences profondes, un point rassemble paradoxalement l'ensemble des candidats : la nécessité de maintenir une école en centre-ville. Charles Dayot l'affirme clairement : « Il faut que Mont-de-Marsan ait une école au centre. Il est hors de question de rayer de la carte une école au centre. »

Geneviève Darrieussecq rejoint ce consensus : « Il faut une école en centre-ville. C'est nécessaire. » Mais elle estime que le débat a été engagé à l'envers, sans accès à toutes les études sur le bâtiment existant.

Ce dossier révèle ainsi les fractures politiques locales tout en mettant en lumière l'importance symbolique et pratique d'une école centrale dans la vie de la cité. Alors que les élections approchent, la question scolaire promet de rester au cœur des débats, avec des enjeux qui dépassent largement le simple cadre éducatif pour toucher à l'identité même de la ville et à la qualité de son service public.