Un budget 2026 prudent pour le Département de la Dordogne
Le lundi 23 février, le Conseil départemental de la Dordogne débattra de ses orientations budgétaires pour l'année 2026. Cet exercice s'annonce particulièrement délicat au vu de la situation financière fragile de la collectivité, comme l'avait anticipé son président, Germinal Peiro, dès juin 2025.
Une fragilité financière confirmée
La Cour des comptes avait en effet pointé la vulnérabilité d'une douzaine de départements affichant une épargne nette négative, dont la Dordogne. Germinal Peiro avait alors averti : « Jusque-là, nous allions au-delà de nos compétences obligatoires avec nos aides aux communes. Nous assumerons les contrats qui ont été noués, mais je ne suis pas en capacité de dire si nous nous engagerons de nouveau. » Cette prophétie semble désormais se concrétiser à travers le budget 2026 qui sera présenté aux élus à Périgueux.
Un budget de 711 millions d'euros avec des mesures de rigueur
Le président socialiste propose un budget de 711 millions d'euros, en légère hausse par rapport aux 695 millions votés pour 2025. Pour soutenir la section des investissements, évaluée à 74 millions d'euros, un recours à un emprunt de 32 millions est prévu, « comme en 2025 », précise Germinal Peiro. Il souligne cependant que la dette est désormais stabilisée, avec une capacité de désendettement visée pour 2028.
Germinal Peiro qualifie la situation de « fragile mais contenue », grâce à un budget « rigoureux pour que les finances ne dérapent pas et restent assumables ». Cette approche prudente implique nécessairement de réduire la voilure pour un département qui, « pendant vingt ou trente ans, a été un des plus généreux », reconnaît-il.
Des restrictions sur la masse salariale et les aides
Les mesures d'économie concernent en premier lieu la masse salariale. Sur les 2 300 agents du département, 97 départs n'ont pas été remplacés ces deux dernières années, et « cet effort sera poursuivi ». Le Conseil départemental va également réduire ses aides aux tiers. « En 2025, nous avions diminué d'un tiers nos aides aux associations. La baisse ne se poursuivra pas mais on se stabilise sur ces montants », explique le président.
Concernant le soutien aux communes via des contrats au niveau des cantons et des intercommunalités, Germinal Peiro est clair : « Nous honorerons ce qui a été engagé, les enveloppes seront consommées, mais nous ne prendrons plus de nouveaux contrats au-delà. »
Quelques points positifs malgré tout
Le président évoque également quelques « bonnes nouvelles ». Le département table ainsi sur 7,8 millions d'euros provenant du fonds de sauvegarde des départements. Du côté des droits de mutation à titre onéreux (DMTO), 2025 avait été une bonne année avec 69 millions d'euros encaissés contre 60 millions prévus. Pour 2026, le budget espère une recette de 65 millions d'euros.
Au-delà de la déviation de Beynac, dont le sort dépend de la Cour administrative d'appel de Bordeaux, 17 millions d'euros seront injectés dans le réseau routier. Le déploiement des centres de santé devrait se poursuivre avec le chantier de celui de Nontron prévu « au début de l'été ». Enfin, les moyens du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) seront renforcés de 300 000 euros, portant le total à 21,7 millions d'euros, avec l'objectif de créer 31 postes de pompiers volontaires d'ici la fin de la mandature.



