RN divisé sur l'expulsion de Xenia Fedorova, propagandiste pro-Poutine
RN divisé sur l'expulsion de Xenia Fedorova

Depuis le 29 juillet, la propagandiste russe Xenia Fedorova, figure médiatique du groupe Bolloré, est visée par un arrêté d'expulsion. Face à cette situation, le Rassemblement national (RN) affiche un silence embarrassant et une division interne, illustrant son incapacité à définir une position cohérente sur les ingérences russes et la guerre en Ukraine.

Un silence stratégique des dirigeants

Ni Marine Le Pen ni Jordan Bardella n'ont commenté publiquement cette mesure. Aucune consigne n'a été donnée aux élus, ni sur les boucles internes du parti, ni sur le canal « argumentaire » habituellement utilisé pour diffuser les éléments de langage. Un proche du duo Le Pen-Bardella explique : « C'est l'été. La consigne non écrite, quand un sujet de merde se présente, c'est : “on attend que ça se tasse et on en dit le moins possible”. Et puis Marine et Jordan sont en vacances. » Il qualifie la polémique de « sujet qui n'intéresse personne ».

Un parti en ordre dispersé

Cette absence de direction a laissé place à des prises de position divergentes. Certains élus, fidèles à la tradition populiste, dénoncent une « censure » et une atteinte à la liberté d'expression. D'autres, soucieux de crédibilité gouvernementale, préfèrent éviter le sujet. Cette cacophonie révèle les tensions internes entre les partisans d'une ligne dure pro-russe et ceux qui cherchent à normaliser l'image du parti.

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Le cas Fedorova, connue pour ses positions pro-Poutine et son influence dans les médias, est devenu un test pour le RN. Le parti, qui a longtemps entretenu des liens ambigus avec Moscou, tente aujourd'hui de se distancer de cette image, mais sans succès apparent.

Des conséquences politiques potentielles

Cette division intervient dans un contexte où la guerre en Ukraine continue de faire des ravages. Selon un sondage récent, 67 % des Français considèrent que la Russie est une menace pour la sécurité européenne. Le silence du RN sur cette affaire pourrait lui coûter cher, alors que l'extrême droite cherche à séduire un électorat plus modéré en vue des prochaines échéances électorales.

Les oppositions politiques, elles, n'ont pas tardé à réagir. Certains députés de la majorité ont dénoncé « l'ambiguïté coupable » du RN face à l'ingérence russe. D'autres ont appelé à une clarification urgente de la position du parti sur Moscou.

Un avenir incertain pour Fedorova

En attendant, Xenia Fedorova, qui réside en France depuis plusieurs années, risque l'expulsion vers la Russie, un pays qu'elle a quitté il y a longtemps. Ses avocats ont annoncé leur intention de contester l'arrêté devant le tribunal administratif. L'affaire pourrait donc s'étendre sur plusieurs mois, laissant le RN dans une position inconfortable.

Pour l'heure, le parti préfère attendre que la tempête médiatique se calme. Mais cette stratégie du silence pourrait bien se retourner contre lui, en révélant au grand jour ses divisions internes et son absence de cap sur un sujet géopolitique majeur.

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