Le préfet Laurent Hottiaux a officiellement fait ses adieux aux Alpes-Maritimes ce jeudi 16 juillet 2026 lors d'une cérémonie au Palais des rois sardes, à Nice. Nommé à la tête de la préfecture de région à Nantes après 14 mois d'exercice dans le département, il a livré un constat sans filtre à la presse et aux élus, entre fierté du travail accompli et critiques cinglantes sur les fractures politiques et le déni climatique.
Un bilan marqué par des élections « rocambolesques »
« Si je suis extrêmement honoré de cette nomination à Nantes, j'ai été évidemment très heureux dans les Alpes-Maritimes. J'ai veillé à tenir les engagements que j'avais pris : l'unité et l'impartialité », a résumé Laurent Hottiaux. Il a souligné l'intensité de sa mission : « Les journées comptent double dans les Alpes-Maritimes », évoquant des dossiers portés « dans un contexte électoral particulier et marqué par une succession d'événements à très haute intensité ».
Le préfet a dépeint un climat politique atypique, ayant contraint l'État et la justice à de fréquentes interventions. « Ce que je retiens, c'est que nous avons dans ce département une ambiance qui est encore celle un peu des années 70-80 », a-t-il déclaré, qualifiant les élections municipales d'« assez rocambolesques ».
Des victoires sur la sécurité et le logement
Refusant un bilan strictement comptable, Laurent Hottiaux a mis en avant des victoires décisives sur la sécurité et le logement. Sur ce dernier point, crucial pour l'avenir économique du territoire, il s'est félicité d'un record : « l'année dernière, on n'a jamais agréé autant de logements sociaux dans le département ».
Urgence climatique et « pouvoir des autres »
Sur le terrain environnemental, alors que les Alpes-Maritimes cumulent les risques naturels, le préfet a fustigé le manque de vision à long terme : « Dans notre département, il n'y a pas une prise de conscience assez forte de l'impact du changement climatique ». Sans détour, il a dénoncé les résistances locales et les positions assumées de « climato-scepticisme » de certains élus.
Pour le préfet, ce retard s'explique par les profondes divisions qui minent un « département fracturé sur le plan territorial, avec des concurrences très fortes », notamment concernant le partage de l'eau entre la côte et l'arrière-pays. « La décentralisation est une bonne chose mais dans les Alpes-Maritimes elle n'a pas toujours été une chance pour notre département », a-t-il résumé.
Pour clore son analyse, il a repris la formule de son prédécesseur Hugues Moutouh : « il n'y a rien qui était plus insupportable dans les Alpes-Maritimes que le pouvoir des autres ». Son successeur, Jean-Marie Girier, qui prendra ses fonctions le 27 juillet, est prévenu.



