Perquisitions chez 11 marques de luxe en Italie pour exploitation de main-d'œuvre
Perquisitions chez 11 marques de luxe en Italie

La police italienne a mené des perquisitions dans les sièges de onze marques de luxe, dont Gucci, Prada et Dolce & Gabbana, dans le cadre d'une enquête pour exploitation de main-d'œuvre. Les investigations portent sur des soupçons de sous-traitance illégale et de conditions de travail dégradantes dans les ateliers de fournisseurs.

Des perquisitions ciblant les grandes maisons de mode

Selon le parquet de Milan, les opérations ont été menées le 16 juillet 2025 dans plusieurs régions d'Italie, notamment en Toscane, en Lombardie et dans les Marches. Les enquêteurs cherchent à établir si ces entreprises ont bénéficié de travailleurs payés en dessous du salaire minimum, parfois moins de 4 euros de l'heure, et soumis à des horaires excessifs.

L'enquête, ouverte en 2023, a déjà abouti à la saisie de documents et de données informatiques. Les marques concernées sont accusées d'avoir externalisé la production à des sous-traitants qui employaient des travailleurs immigrés sans contrat régulier, dans des conditions proches de l'esclavage moderne.

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Un système de sous-traitance opaque

Les autorités italiennes pointent du doigt un système où les grandes marques confient la fabrication à des ateliers qui, à leur tour, sous-traitent à des unités plus petites, souvent non déclarées. Cela permet de contourner les lois sur le travail et de réduire les coûts. Dans certains cas, les ouvriers étaient payés à la pièce, sans protection sociale.

« Nous assistons à une exploitation systématique des travailleurs les plus vulnérables, souvent des migrants, dans le secteur du luxe », a déclaré le procureur adjoint de Milan, Paolo Storari, cité par l'Agence France-Presse. « Ces pratiques permettent de réduire les coûts de production de manière illégale. »

Un impact sur la réputation du made in Italy

Cette affaire porte un coup dur à l'image du luxe italien, qui mise sur la qualité et l'éthique. Les marques concernées ont réagi en affirmant leur coopération avec la justice. Gucci, propriété de Kering, a indiqué dans un communiqué qu'elle « respecte scrupuleusement les lois et les droits des travailleurs » et qu'elle mène des audits réguliers chez ses fournisseurs. Prada a déclaré « suivre l'enquête avec attention » et se dit « confiante dans l'intégrité de sa chaîne d'approvisionnement ».

Cependant, des associations de défense des droits des travailleurs estiment que ces mesures sont insuffisantes. « Les audits ne suffisent pas quand le système de sous-traitance est opaque », a commenté Chiara Ferrari, de l'ONG Filiera Pulita. « Il faut une traçabilité complète et des sanctions plus lourdes. »

Un précédent en Europe

Ce n'est pas la première fois que l'industrie de la mode est épinglée pour exploitation. En 2022, une enquête similaire avait visé des marques de fast fashion en France. En Italie, le scandale des « ateliers de la misère » avait déjà touché le secteur textile en 2019. Mais l'implication de grandes marques de luxe, symbole du made in Italy, rend l'affaire particulièrement sensible.

Les perquisitions ont mobilisé plus de 200 agents de la Guardia di Finanza. Les enquêteurs examinent désormais les contrats et les flux financiers pour déterminer la responsabilité des donneurs d'ordre. Si les soupçons se confirment, les marques risquent des amendes pouvant atteindre plusieurs millions d'euros, voire des interdictions de sous-traiter.

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