Loi urgence agricole : Lecornu assure sa confiance à Barbut
Loi urgence agricole : Lecornu soutient Barbut

Le ministre de l'Agriculture, Sébastien Lecornu, a assuré ce mercredi 22 juillet 2026 que la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, bénéficiait de sa « confiance totale », tout en défendant les compromis nécessaires dans le cadre de la loi d'urgence agricole. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions au sein du gouvernement sur les mesures à prendre pour soutenir le secteur agricole face à la crise climatique et économique.

Un équilibre entre agriculture et écologie

Interrogé lors d'une conférence de presse, Lecornu a souligné que les discussions avec Barbut avaient été « constructives » et que les arbitrages rendus visaient à concilier les impératifs de production agricole et les objectifs environnementaux. « Monique Barbut a toute ma confiance. Nous travaillons main dans la main pour trouver des solutions pragmatiques », a-t-il déclaré, cité par l'Agence France-Presse.

La loi d'urgence agricole, présentée en Conseil des ministres le 15 juillet, prévoit un ensemble de mesures destinées à répondre à la détresse des agriculteurs, notamment face à la sécheresse et à la hausse des coûts des intrants. Parmi les dispositions controversées figurent des dérogations aux normes environnementales, comme l'assouplissement des règles sur l'irrigation et l'utilisation de pesticides.

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Des compromis assumés

Lecornu a justifié ces compromis par la nécessité d'agir rapidement. « Nous ne pouvons pas laisser l'agriculture française s'effondrer. Les compromis sont parfois douloureux, mais ils sont indispensables pour préserver notre souveraineté alimentaire », a-t-il affirmé. Selon lui, la loi intègre des « garde-fous » pour limiter l'impact environnemental, comme un suivi renforcé des dérogations accordées.

De son côté, Monique Barbut, interrogée par Le Monde, a reconnu que le texte n'était « pas parfait » mais qu'il représentait un « équilibre nécessaire ». « Nous avons obtenu des avancées, comme le renforcement des dispositifs d'accompagnement vers l'agroécologie », a-t-elle précisé, tout en appelant à une vigilance sur l'application des mesures.

Réactions contrastées

Les associations environnementales ont vivement critiqué le projet de loi, dénonçant un « recul historique » pour la protection de la biodiversité. Greenpeace France a estimé que le gouvernement « sacrifie l'écologie sur l'autel de l'agriculture intensive ». À l'inverse, les syndicats agricoles majoritaires, comme la FNSEA, ont salué des « mesures d'urgence attendues » tout en réclamant des actions structurelles.

Selon un sondage Ifop réalisé les 20 et 21 juillet, 62 % des Français se disent favorables à la loi d'urgence agricole, mais 54 % estiment que les compromis environnementaux vont trop loin. Un chiffre qui illustre la difficulté pour l'exécutif de concilier les attentes contradictoires.

Prochaines étapes

Le texte doit être examiné à l'Assemblée nationale à partir du 5 septembre. Le gouvernement espère une adoption avant la fin de l'année. Lecornu a annoncé que des consultations supplémentaires avec les parlementaires et les acteurs du secteur auront lieu en août pour affiner certaines dispositions.

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