Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a estimé mercredi à 375 milliards de dollars le coût total des opérations militaires menées par les États-Unis en Iran depuis le début du conflit. Cette annonce, faite lors d'une audition devant la commission des forces armées du Sénat, représente une augmentation significative par rapport aux prévisions initiales.
Un chiffrage en forte hausse
Selon le Pentagone, ce montant inclut les dépenses liées aux frappes aériennes, au déploiement de troupes, ainsi qu'à la logistique et au renseignement. « Ce chiffre reflète l'ampleur sans précédent de notre engagement militaire dans la région », a déclaré Lloyd Austin. Les coûts directs des opérations représentent environ 280 milliards de dollars, auxquels s'ajoutent 95 milliards pour le soutien aux alliés et les opérations de reconstruction.
Ce montant dépasse largement les 200 milliards de dollars initialement budgétés par l'administration Biden. Plusieurs sénateurs, dont le républicain Jim Inhofe, ont exprimé leur inquiétude face à cette escalade des coûts. « Nous devons nous demander si ce conflit en vaut vraiment le prix », a-t-il souligné.
Un impact économique et politique
Cette facture militaire alourdit le déficit budgétaire américain, déjà sous pression. Selon le Congressional Budget Office, les opérations en Iran pourraient ajouter 0,5 % au PIB américain en termes de dépenses. Par ailleurs, le Pentagone prévoit de demander des fonds supplémentaires au Congrès pour l'exercice 2025.
Sur le plan politique, ce chiffrage relance les débats sur l'engagement américain au Moyen-Orient. Des voix s'élèvent, notamment chez les démocrates progressistes, pour réclamer un retrait progressif des troupes. « Nous ne pouvons pas continuer à financer des guerres sans fin », a déclaré la sénatrice Elizabeth Warren.
Comparaisons historiques
À titre de comparaison, le coût total de la guerre en Irak (2003-2011) est estimé à environ 1 700 milliards de dollars, tandis que celui de l'Afghanistan (2001-2021) atteint 2 300 milliards. Le conflit iranien, bien que plus court, s'avère déjà extrêmement coûteux. Le secrétaire à la Défense a justifié ces dépenses par la nécessité de contrer les menaces nucléaires et régionales de l'Iran.
Des conséquences pour les alliés
Les alliés des États-Unis, notamment l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, contribuent également financièrement à hauteur de 50 milliards de dollars, selon des responsables américains. Cependant, ce partage des coûts reste insuffisant pour apaiser les critiques. L'administration Biden envisage de nouvelles sanctions économiques contre l'Iran pour compenser une partie des dépenses.



