Le professeur de médecine niçois Laurent Castillo (UDR), député européen depuis 2024, conduira la liste UDR-RN aux élections sénatoriales du 27 septembre 2026 dans les Alpes-Maritimes. Il a dévoilé ses priorités et ses colistiers en exclusivité pour Nice-Matin.
Pourquoi quitter le Parlement européen pour le Sénat ?
Laurent Castillo explique vouloir un mandat national plus proche du terrain : « Au Parlement européen, le délai entre la décision et la mise en place est très long, or dans mon métier de médecin, vous décidez, vous agissez. Je recherche une action plus immédiate, plus proche du terrain. » Il ajoute : « J’ai accepté cette responsabilité avant tout pour porter la voix des maires. L’objectif est aussi de proposer une grande alternance au macronisme, dans la continuité de ce que nous avons initié dans la majorité municipale à Nice avec Éric Ciotti, pour préparer la grande union des droites en 2027. Au Sénat, nous souhaitons former un groupe d’union avec le Rassemblement national. »
Les colistiers de la liste UDR-RN
La liste comprend Gaëlle Frontoni (UDR, adjointe au maire de Nice et vice-présidente du Département), Henri Leroy (UDR, sénateur sortant, conseiller municipal de Mandelieu-la-Napoule et ancien maire), Sophie Eckenberg (adjointe au maire RN de Menton, conseillère communautaire de la Communauté d’agglomération de la Riviera française), Rafaël Quessada (conseiller municipal RN de Saint-Laurent-du-Var et conseiller métropolitain), Loetitia Loré (maire de Venanson et vice-présidente de la Métropole Nice Côte d’Azur déléguée à la ruralité et à la reconstruction des vallées) et Francis Moya (maire de Rigaud).
Castillo souligne : « Cette équipe rassemble toutes les forces de notre département : des élus expérimentés, des profils nouveaux, des représentants du littoral, des vallées, de l’Est, de l’Ouest, des grandes villes comme des plus petites communes. Notre ambition est simple : porter une voix forte pour les Alpes-Maritimes au Sénat, en étant au service des maires et de notre territoire. »
Positionnement politique et critiques des adversaires
Castillo se déclare « départementaliste », reprenant un terme du président du conseil départemental Charles Ange Ginésy. Il critique Alexandra Borchio-Fontimp (LR) : « J’ai un profond respect pour Alexandra Borchio-Fontimp, mais elle fait une erreur en restant chez Les Républicains. Il y a deux listes LR dans le département : c’est le symbole de la chute des LR qui n’existent plus. Ils ne sont même pas capables de se mettre d’accord pour la présidentielle. » Il ajoute : « Quant à la seconde candidate LR, Dominique Estrosi-Sassone, elle symbolise l’ancien système macroniste de la ville de Nice et de la métropole, que les Niçois ont clairement rejeté par leur vote. »
Grands projets : santé territoriale et simplification administrative
Castillo dévoile deux priorités : « Je porterai deux grands projets qui me tiennent à cœur. Tout d’abord la territorialisation de la santé. Je veux changer l’organisation de notre système de soins en m’appuyant sur les territoires. Ensuite la simplification administrative. Les maires sont noyés sous la complexité de textes comme la loi Montagne ou la loi Littoral. Les tentatives de simplification actuelles au niveau européen ou national ne sont pas assez concrètes ni assez rapides pour les élus locaux. Je veux être ce trait d’union entre le national et le local pour les libérer de cette lourdeur. »
Bilan européen et début de campagne
Interrogé sur son départ du Parlement européen, Castillo répond : « Je ne crois pas car j’y ai acquis une grande expérience du travail technique. Dans les deux groupes dans lesquels j’ai siégé [le Parti populaire européen, puis Les Patriotes présidés par Jordan Bardella depuis janvier NDLR], j’ai appris à échanger avec tous les bords politiques. Je n’ai jamais été un homme de cordon, j’ai toujours été un homme de pont. »
Son premier déplacement officiel aura lieu mardi à Breil-sur-Roya pour rencontrer le maire Sébastien Olharan, qu’il qualifie de « maire courage » confronté à un « enfer administratif » pour la reconstruction après la tempête Alex. Il consacrera son énergie jusqu’à la fin septembre à rencontrer les maires de la Métropole et du département.



