Ce que Glucksmann a vraiment dit sur le Canon français
Glucksmann et le Canon français : le vrai discours

Lors d'une intervention en juin à la Fondation Jean-Jaurès, Raphaël Glucksmann a évoqué les banquets du « Canon français », suscitant une polémique sur X qui continue de compliquer sa tentative de se défaire d'une image, forgée par La France insoumise (LFI), d'un candidat de droite. L'eurodéputé Place publique, en pleine préparation pour l'élection présidentielle de 2027, a vu ses propos être extraits et diffusés hors contexte.

Le contexte de la conférence

La conférence, intitulée « Pour un sursaut patriotique », s'est tenue en juin 2026 à la Fondation Jean-Jaurès. Glucksmann y présentait sa vision de la France et plusieurs propositions développées dans son livre « Nous avons encore envie » (Allary Editions). Un mois plus tard, un passage consacré aux « canonniers » – le nom donné aux participants à l'événement – a été repris par des membres de LFI sur les réseaux sociaux. La députée européenne LFI Emma Fourreau a notamment déclaré sur X : « Le Canon français… »

Les propos incriminés

Dans l'extrait qui circule, Glucksmann parle des banquets du Canon français, une association fondée en 2014 par des jeunes militants de droite. Il décrit ces rassemblements comme « un moment de convivialité et de débat autour de la souveraineté nationale ». Selon lui, ces banquets « permettent de renouer avec une tradition républicaine de discussion politique ». Cependant, LFI y voit une proximité avec l'extrême droite et une trahison des valeurs de gauche.

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Glucksmann a répondu sur X le 16 juillet 2026 : « Je ne cautionne pas les idées d'extrême droite, mais je ne refuse pas le dialogue avec ceux qui sont prêts à débattre. Mon propos était de dire que la gauche doit renouer avec le patriotisme, pas de faire l'éloge d'un mouvement politique précis. »

La polémique amplifiée par LFI

La France insoumise a saisi cette occasion pour attaquer Glucksmann, l'accusant de faire le jeu de la droite. Jean-Luc Mélenchon a tweeté le 15 juillet : « Glucksmann fait la cour aux réactionnaires. Le Canon français, c'est le repaire des nostalgiques de l'Algérie française. » Ces attaques interviennent alors que Glucksmann tente de se positionner comme un candidat de gauche modérée, capable de rassembler au-delà de son parti Place publique.

Selon un sondage Ifop publié le 12 juillet 2026, Glucksmann recueille 8 % des intentions de vote pour la présidentielle de 2027, loin derrière Marine Le Pen (32 %) et Emmanuel Macron (24 %). La polémique pourrait freiner sa progression, notamment auprès des électeurs de gauche.

Les réactions au sein de Place publique

Au sein de Place publique, on minimise l'incident. Un porte-parole du parti a déclaré : « Raphaël a simplement évoqué un fait social. Il n'a jamais approuvé les idées du Canon français. Cette polémique est montée de toutes pièces par LFI pour nuire à notre campagne. »

L'historien Nicolas Offenstadt, spécialiste de la mémoire politique, analyse : « Le Canon français est une association qui se revendique de la droite identitaire. En parler positivement, même dans un cadre universitaire, expose à des critiques. Glucksmann aurait dû être plus prudent. »

L'impact sur la campagne

Cette affaire complique la stratégie de Glucksmann, qui cherche à incarner une gauche patriotique et souverainiste. Ses adversaires, notamment LFI, l'accusent de dérive droitière. Pour l'instant, la polémique reste confinée aux réseaux sociaux, mais elle pourrait peser dans les semaines à venir, alors que la campagne présidentielle s'annonce serrée.

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