Hong Kong : l'édition dans le collimateur de la police politique
Hong Kong : l'édition ciblée par la police politique

Depuis l'imposition de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong en 2020, le secteur de l'édition est devenu une cible privilégiée de la police politique. Plusieurs librairies et maisons d'édition ont été perquisitionnées, et des responsables arrêtés, accusés de diffuser des documents subversifs. Selon des observateurs, plus de 200 ouvrages ont été retirés des rayons depuis l'entrée en vigueur de la loi.

Une pression croissante sur les éditeurs

La police politique de Hong Kong, connue sous le nom de Bureau de la sécurité nationale, a intensifié ses actions contre les éditeurs. En juin 2026, la librairie Prologue, spécialisée dans les ouvrages politiques, a été perquisitionnée. Son propriétaire, Lee Kam-hung, a été arrêté et placé en détention provisoire. Selon des sources proches du dossier, il est accusé d'avoir publié des livres contenant des propos jugés subversifs.

Les éditeurs indépendants sont particulièrement visés. La maison d'édition Red Square, connue pour ses publications sur l'histoire de Hong Kong, a vu ses locaux fouillés et son matériel informatique saisi. Son fondateur, Wong Chi-wai, a été interrogé pendant plusieurs heures avant d'être relâché sous caution.

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Un impact sur la liberté d'expression

Ces actions ont un effet dissuasif sur le secteur. De nombreux libraires et éditeurs pratiquent l'autocensure pour éviter des ennuis judiciaires. Selon une enquête menée par l'Association des éditeurs de Hong Kong, 70 % des maisons d'édition ont modifié leur ligne éditoriale depuis 2020, évitant les sujets sensibles comme la démocratie, les droits de l'homme ou l'histoire récente de la région.

"La peur est palpable", déclare un éditeur ayant requis l'anonymat. "Nous devons constamment vérifier chaque phrase pour éviter de violer la loi. C'est un climat de terreur."

Des réactions internationales

La communauté internationale a réagi à ces atteintes à la liberté d'expression. Le rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté d'opinion et d'expression, Irene Khan, a exprimé sa préoccupation dans un communiqué : "Les récentes actions contre les éditeurs à Hong Kong sont alarmantes et constituent une violation des droits fondamentaux."

Les États-Unis et l'Union européenne ont également condamné ces mesures. Le département d'État américain a appelé les autorités hongkongaises à cesser ce qu'il qualifie de "répression contre la liberté d'expression".

Un avenir incertain pour l'édition hongkongaise

Face à cette pression, certains éditeurs envisagent de quitter Hong Kong. Plusieurs maisons d'édition ont déjà transféré leurs activités à Taïwan ou à Singapour. Selon des chiffres officiels, le nombre de nouvelles publications a chuté de 40 % depuis 2020.

La police politique continue cependant de surveiller de près le secteur. Des agents en civil sont régulièrement signalés dans les librairies, et les ventes d'ouvrages jugés sensibles sont suivies de près. Pour de nombreux Hongkongais, cette surveillance rappelle les méthodes utilisées en Chine continentale, où la censure est omniprésente.

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