Farandou : "On ne peut pas arrêter la France à partir de 30 degrés"
Farandou : pas d'arrêt de la France à 30°C

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a déclaré ce samedi 26 juin qu'il n'était "pas possible d'arrêter la France à partir de 30 degrés", en réponse aux appels de certains syndicats et élus à instaurer un "droit de retrait" systématique en cas de forte chaleur. Selon lui, une telle mesure paralyserait l'économie sans être nécessairement efficace pour la santé des travailleurs.

Des adaptations plutôt qu'un arrêt général

Lors d'une interview accordée à France Inter, le ministre a précisé que "le code du travail prévoit déjà des dispositions pour les fortes chaleurs, comme l'obligation pour l'employeur de fournir de l'eau fraîche et de permettre des pauses dans un endroit frais". Il a ajouté que "ce qu'il faut, c'est adapter le travail, pas l'arrêter". Farandou a également souligné que "dans certains secteurs comme le BTP ou l'agriculture, les salariés sont habitués à travailler en extérieur et savent gérer ces situations".

Un débat relancé par la canicule

Les propos du ministre interviennent alors qu'une vague de chaleur touche une grande partie du pays, avec des températures dépassant les 35 degrés dans plusieurs régions. Plusieurs syndicats, dont la CGT et FO, avaient appelé à un "droit de retrait" pour les travailleurs exposés à des températures extrêmes, estimant que les mesures actuelles sont insuffisantes. Selon un sondage réalisé par l'IFOP pour le compte de la CFDT, 68% des Français se disent favorables à un arrêt du travail lorsque la température dépasse les 35 degrés.

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Le ministre du Travail a toutefois rappelé que "le droit de retrait existe déjà dans le code du travail, mais il doit être exercé de manière individuelle et justifiée, pas de façon collective et systématique". Il a également indiqué que "le gouvernement travaille sur un plan canicule pour les entreprises, qui sera présenté dans les prochaines semaines".

Des critiques de l'opposition

Les déclarations de Jean-Pierre Farandou ont suscité de vives réactions. La députée écologiste Sandrine Rousseau a dénoncé sur Twitter "un mépris total pour la santé des travailleurs", tandis que le député insoumis François Ruffin a estimé que "le ministre devrait passer une journée sur un chantier sous 35 degrés avant de parler". De son côté, le patronat s'est félicité des propos du ministre, le Medef estimant que "l'adaptation est la bonne solution, car un arrêt général serait catastrophique pour l'économie".

La canicule devrait se poursuivre jusqu'à mardi prochain, avec des températures qui pourraient atteindre 40 degrés dans le sud-est du pays. Le ministère du Travail a annoncé l'envoi d'une circulaire aux préfets pour rappeler les bonnes pratiques en matière de prévention des risques liés à la chaleur.

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