À Rennes, la stratégie de Gilles Pennelle, figure montante du Rassemblement National (RN) et délégué général du parti, est de plus en plus contestée en interne. Selon plusieurs sources, sa ligne politique, jugée trop radicale par certains, provoque des tensions au sein de la fédération bretonne.
Une stratégie qui divise
Gilles Pennelle, également conseiller régional de Bretagne, a mis en place une approche axée sur la dénonciation des "élites locales" et la défense d'une identité bretonne forte. Cette stratégie, qui a permis au RN de gagner des points lors des dernières élections régionales avec 18,5% des voix, est critiquée par des membres du parti qui y voient une dérive populiste. Un cadre local, sous couvert d'anonymat, confie : "Il mise tout sur la radicalité, mais cela risque de nous isoler."
Des critiques internes
Les critiques viennent notamment de l'aile modérée du RN, qui estime que cette ligne pourrait nuire aux alliances potentielles avec d'autres forces politiques. En juin 2026, une réunion interne à Rennes a été marquée par des échanges vifs, où plusieurs militants ont exprimé leur désaccord. Selon un participant, "la méthode Pennelle crée un climat de méfiance". Gilles Pennelle, de son côté, défend sa stratégie en affirmant qu'elle correspond aux attentes des électeurs bretons, lassés par le "système".
Un contexte national tendu
Cette contestation intervient dans un contexte où le RN cherche à élargir son assise électorale en vue des prochaines échéances. La Bretagne, traditionnellement ancrée à droite et au centre, est un terrain difficile pour le parti. Les résultats des européennes de 2024, où le RN a obtenu 22% dans la région, montrent une progression, mais insuffisante pour certains. Gilles Pennelle mise sur une présence accrue sur le terrain, avec des meetings et des actions de proximité, mais ses détracteurs lui reprochent un manque de dialogue interne.
L'avenir de la fédération bretonne
Les prochains mois seront décisifs pour l'avenir de la fédération RN en Bretagne. Une motion de contestation pourrait être déposée lors du congrès régional prévu en octobre 2026. Si elle aboutit, cela pourrait affaiblir la position de Gilles Pennelle, qui bénéficie pour l'instant du soutien de la direction nationale. Un proche de Marine Le Pen affirme : "Gilles a notre confiance, mais il doit aussi savoir écouter."



