Les forêts françaises sont durablement fragilisées par la multiplication des canicules et des sécheresses, selon un rapport de l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) publié ce lundi. Le taux de mortalité des arbres a augmenté de 50 % entre 2015 et 2025, atteignant des niveaux jamais observés.
Un constat alarmant sur la santé des forêts
Le rapport de l'IGN, intitulé « L'état des forêts françaises en 2025 », révèle que les épisodes de chaleur extrême et le manque d'eau ont provoqué un dépérissement massif des peuplements forestiers. « Nous assistons à une transformation profonde de nos écosystèmes forestiers, avec des espèces qui ne parviennent plus à s'adapter », explique Marie Dupont, directrice de recherche à l'IGN.
Les données montrent que les essences les plus touchées sont le chêne sessile, le hêtre et le pin sylvestre, avec un taux de mortalité respectif de 35 %, 40 % et 30 % dans les zones les plus affectées. Les régions les plus concernées sont le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté et la Nouvelle-Aquitaine.
Des conséquences économiques et écologiques majeures
La filière bois, qui représente 60 000 emplois directs en France, est gravement menacée. « La baisse de la qualité du bois et la diminution des volumes récoltables risquent de mettre en péril des milliers d'entreprises », alerte Jean-Pierre Moreau, président de la Fédération nationale du bois. Selon une étude du ministère de l'Agriculture, la perte de valeur ajoutée pourrait atteindre 2,5 milliards d'euros d'ici 2030.
Sur le plan écologique, la disparition des arbres entraîne une perte de biodiversité et une réduction de la capacité de stockage de carbone. Les forêts françaises absorbent actuellement 70 millions de tonnes de CO2 par an, mais ce chiffre pourrait chuter de 20 % si la tendance se poursuit.
Des mesures d'urgence insuffisantes
Le gouvernement a annoncé en juin un plan de 500 millions d'euros pour la replantation et l'adaptation des forêts, mais les experts jugent ces mesures insuffisantes. « Il faut multiplier par cinq les investissements pour espérer inverser la tendance », estime le climatologue François Legrand. L'IGN recommande de diversifier les essences et de favoriser les espèces plus résistantes à la sécheresse, comme le chêne pubescent ou le cèdre.
Par ailleurs, la sécheresse de 2025 a été la plus intense jamais enregistrée, avec un déficit pluviométrique de 40 % par rapport à la normale. Les prévisions pour 2026 indiquent un risque accru de feux de forêt, avec déjà 15 000 hectares brûlés depuis le début de l'année.



