Budget : la gauche relance la taxation de l'héritage
Budget : la gauche relance la taxation de l'héritage

La gauche parlementaire a remis la fiscalité successorale au cœur du débat budgétaire. Alors que l'examen du projet de loi de finances pour 2027 s'ouvrira à l'automne, les groupes de gauche ont annoncé, mercredi 26 août, leur intention de déposer des amendements visant à alourdir la taxation des transmissions de patrimoine. L'objectif affiché est de renforcer la progressivité de l'impôt et de réduire les inégalités, alors que le gouvernement prépare un budget marqué par la rigueur.

Une offensive coordonnée à l'Assemblée nationale

Les députés de La France insoumise, du Parti socialiste, des Écologistes et du Parti communiste ont présenté un front commun sur cette question. Dans un communiqué commun, ils réclament notamment un relèvement des droits de succession sur les patrimoines les plus élevés, ainsi qu'un encadrement plus strict des dispositifs d'exonération existants. Selon eux, ces mesures pourraient rapporter plusieurs milliards d'euros par an à l'État, contribuant ainsi au financement des services publics.

Cette initiative intervient dans un contexte de tensions budgétaires. Le gouvernement a déjà annoncé des coupes dans plusieurs ministères, et la gauche entend proposer des alternatives axées sur la justice fiscale. Les discussions s'annoncent vives lors de l'examen du texte en commission des finances, prévu début septembre.

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Des propositions concrètes et chiffrées

Les formations de gauche avancent des chiffres précis. Elles estiment qu'un impôt plus progressif sur les héritages pourrait générer jusqu'à 15 milliards d'euros de recettes supplémentaires chaque année. Ce montant serait obtenu en augmentant les taux applicables aux tranches supérieures, tout en abaissant les seuils d'abattement pour les transmissions les plus importantes. Elles proposent également de supprimer certaines niches fiscales, comme l'abattement de 100 000 euros sur les donations aux enfants, jugé trop favorable aux familles aisées.

« Notre système fiscal actuel favorise les héritiers les plus riches. Nous voulons le rendre plus juste et plus efficace, en taxant davantage ceux qui ont déjà beaucoup », a déclaré un député socialiste, cité dans le communiqué. Les écologistes insistent de leur côté sur la nécessité de financer la transition écologique par une fiscalité plus redistributive.

Un débat qui s'annonce houleux

Du côté de la majorité présidentielle, on juge ces propositions « irréalistes » et « punitives ». Le ministre de l'Économie a rappelé que le gouvernement préfère soutenir l'épargne et l'investissement plutôt que de pénaliser la transmission du patrimoine. Les députés de droite dénoncent quant à eux une « fiscalité confiscatoire » qui pénaliserait les classes moyennes.

Le débat sur l'héritage n'est pas nouveau, mais il revient avec force dans un contexte de déficits publics élevés. La gauche espère profiter de l'opinion publique, qui serait favorable, selon plusieurs sondages, à une taxation accrue des très hauts patrimoines. Les amendements seront débattus lors de la séance publique, prévue fin septembre. Le vote final sur le budget est attendu pour décembre.

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